La preuve par le Stif
Le 28/05/08, par Laurent Dandrieu, Rédacteur en chef adjoint Culture | Général
Connaissez-vous le Stif ? Moi non plus, jusqu’à ce que, hier soir, de gigantesques affiches dans le métro m’en apprennent l’existence. C’est, nous expliquent-elles fièrement, « l’autorité organisatrice de vos transports en Ile-de-France ». Le Stif a-t-il un rapport commercial avec les usagers ? Jamais. Est-il en situation de concurrence ? Pas le moins du monde. En conséquence, quelle est l’utilité de cette campagne de publicité sur fonds publics ? Absolument et archétypalement nulle. Ce qui n’étonne guère si l’on sait que le Stif dépend de la Région Ile-de-France et de son très dépensier président Jean-Paul Huchon. Valeurs actuelles, dans son édition de vendredi, se penche sur les dérives financières des collectivités locales. Mais de telles dépenses absurdes, il n’y a pas besoin de chercher longtemps pour en trouver à tous les échelons de la puissance publique. Certes, ce sont à chaque fois de petits ruisseaux dont l’assèchement ne suffirait pas à tarir la grande rivière des déficits publics. Mais enfin, l’Etat serait plus audible dans son discours de quasi-faillite s’il ne multipliait dans le même temps les campagnes de communication imbéciles, les cocktails somptueux pour fêter le cinquantième anniversaire d’institutions à l’inutilité avérée, les déplacements coûteux ayant pour seul objet de se faire filmer pour le 20 Heures sur la banquise ou un banc de corail, les rallongements répétés de budget de représentation de tel ministre en mal de bling bling. Quand il s’agit de sauver la France du dépôt de bilan, le Stif gagnerait à être méconnu.
PS : A quelques jours de distance, lu deux portraits de jeunes loups de la politique dans “Le Monde” : Jean-Vincent Placé (Verts) et Frédéric Lefebvre (UMP). A chaque fois, sur une pleine page, il ne sera pas question une seule fois d’idées, de convictions, de valeurs à défendre : juste de stratégie personnelle ou d’attachement aveugle à un mentor. La politique démocratique réduite, sans même se masquer, à de simples jeux d’ambition et de féodalité : “Le Monde” voudrait assurer la promotion de la monarchie qu’il ne pourrait mieux faire.
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