À la fois absent et omniprésent, Dominique Strauss-Kahn laisse planer son ombre sur un Parti socialiste regonflé à bloc par les déboires de la majorité. Au risque de laisser Martine Aubry s’imposer comme la candidate naturelle.
Pour un peu, on jurerait que ceux-là se sont toujours aimés, que rien ni personne n’a jamais entamé leur belle fraternité, que tout a toujours été idéal politique, lendemains qui chantent et dévouement, uniquement. Et les belles images de se succéder pour les caméras, tout en embrassades, en mains serrées. Deux ans après le sinistre congrès de Reims, ses haines recuites, ses combats de coqs et ses négociations mesquines, tout est oublié, tout est pardonné. Ségolène Royal ouvre les universités d’été, Martine Aubry les ferme, et les deux dames s’envoient pendant quarante-huit heures des fleurs dans leurs discours – des roses de préférence –, chacune louant à l’envi les vertus régionales, municipales ou nationales de l’autre.
Un an après l’échappée solitaire de Vincent Peillon à la tête de son “rassemblement social, écologique et démocrate”, dans lequel il s’affichait ostensiblement aux côtés de Marielle de Sarnez pour promouvoir l’alliance au centre contre l’avis de la direction du PS, le député européen tombe presque lui aussi dans les bras de la première secrétaire, posant avec elle pour les photographes. Finies les manœuvres de courant, les engueulades et les déclarations assassines. D’ailleurs les petites phrases, c’est bien simple, à en croire les hiérarques socialistes, elles n’ont quasiment jamais existé. Presque une invention des médias ! Pendant trois jours d’université d’été, ils l’ont dit, répété, rabâché devant les journalistes : « Il n’y a pas de drame. Désolé, on sait que ça vous aurait fait plaisir. »
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