|

Le Palais Royal aux ordres de Bercy

Le conseil constitutionnel vient de porter un mauvais coup au crédit de Sarkozy. Alors que celui-ci avait promis que tous les intérêts d’emprunts immobiliers seraient déductibles quelle que soit la date d’acquisition du logement le conseil constitutionnel vient d’annuler cette mesure, la limitant aux nouveaux emprunts. Déjà, Bercy et le parlement avaient limité la portée de ce texte en plafonnant la déduction à 20% des intérêts d’emprunt dans la limite de 7500 euros. La loi n’était applicable que pour les cinq premières années d’emprunts et la déduction ne pouvait porter que sur les intérêts payés après la promulgation de la loi. A coup d’arguments fumeux (inégalité devant l’impôt, charges hors de proportion avec l’effet incitatif attendu) le Conseil constitutionnel a encore durci les conditions d’accès à cette déduction. Les emprunteurs qui ont signé en toute confiance depuis l’élection de Sarkozy mais avant la promulgation de la loi et tous les emprunteurs immobiliers qui lui ont apporté leur voix sont furieux. En revanche, Bercy est aux anges car le coût de la mesure se trouve réduit de 80%. On attend avec impatience le nouveau dispositif promis par François Fillon. Mais, une fois de plus, se trouve vérifié l’adage selon lequel « les promesses n’engagent que ceux qui les croient ».

Dominant, dominé

Surréaliste, cette interview de François Hollande dans Le Monde du 24 juillet ! Il parle de Sarkozy : « Sa méthode, c’est de laisser croire qu’il peut tout faire tout seul…Il a installé une machine à rancune. » Il parle de lui ou quoi, lui à qui tout a échappé - sa candidature à l’Elysée, sa femme, le PS, l’avenir en rose ? Moi, j’entend le tonnerre de la « machine à rancune » qui s’emballe au PS, l’écho de « l’avant-garde de la rénovation socialiste » réunie à Evry le 20 juillet : « Notre parti est complètement nécrosé » ; « l’immobilisme est la marque du PS » ; « incapacité à trancher un certain nombre de sujets majeurs » ; « on avait du mal à décider ensemble, on n’arrive même plus à travailler ensemble » ; « retard stratégique phénoménal… nombrilisme… un appareil qui tourne sur lui-même… vingt ans de retard. » Et cette gâterie, pour la route : « La droite a gagné la bataille de la domination dans le champ de la culture politique. » Vraiment ? La droite la plus bête du monde aurait enfin réussi à sortir de son complexe ! Pas tout à fait sans doute. Alors que faut-il de plus pour ancrer vraiment cette domination ? Finir le ménage. Oui, mais où ? Education nationale, audiovisuel d’Etat, ANPE, SNCF… Chers blogueurs, je suis sûr que vous avez une petite idée, deux ou trois propositions à transmettre à qui de droit. Non ?

Charme slave

Qu’un chef de l’Etat français ne boive pas d’alcool et n’aime que le Coca Light me désole. D’abord, il rate le meilleur de nos chers « Tontons Flingueurs » (« C’est une boisson d’homme… Y’a d’la pomme… »). Ensuite il ne tient pas la route après un ou deux cocktails diplomatiques et cela m’inquiète. A la vodka, le Slave joue brutal. Au whisky, l’Anglais reste fourbe … Prudence donc. Attention aux prochaines embuscades, là où les chefs ne sont pas qu’au jus de fruit. On nous dit pourtant qu’au G8 Sarkozy n’avait pas bu, Poutine non plus. L’ivresse du président, consultée 9 millions de fois sur internet, n’en était pas une. Vous y croyez ? Moi oui. Mais, me direz-vous, ces yeux brillants, ce sourire euphorique et le swing un peu lord des épaules derrière le pupitre ? J’ai enquêté. L’explication est dans « Les Nouvelles de Moscou » : Nicolas et Vladimir sont restés 90 minutes ensemble, au lieu des 45 prévues. Ils ont parlé de tout, en live, sans filet, loin du programme imposé, et voilà le résultat : l’effet Poutine, ce cocktail épicé de charme slave et de rouerie kagébiste, de culture russe et de brutalité soviétique. Le tsar au sourire froid avait déjà séduit les Bush qui lui ont fait une place, cette semaine, à la table familiale pour leur homard home made. Les Sarkozy aussi sont conquis. N’en déplaise aux amis des barbus tchétchènes, Cécilia trouve même que « les deux hommes se ressemblent beaucoup ». Et si c’était vrai ? Profitons-en. N’est-ce pas le moment pour que la France et la Russie entament vraiment un bout de chemin ensemble ? Même au régime sec, cela vaut la peine d’essayer.

On a oublié la Turquie !

C’était un engagement de campagne de Nicolas Sarkozy : la Turquie, disait-il, n’a pas vocation à adhérer à l’Union européenne. Mais les négociations étaient déjà engagées à Bruxelles. Comment pouvait-il faire autrement que de laisser aller ? C’est naturellement ce que guettaient ses adversaires pour pouvoir clamer ensuite : « On vous l’avait bien dit ! Lui aussi renonce ! » Or si cela n’a pas fait les titres de la presse française, il en a été autrement de la presse étrangère qui a placé cette information en première page. Le 25 juin, le président de la République a bloqué un élément clé des négociations entre Bruxelles et Ankara en opposant son veto aux discussions économiques et monétaires. Le « Herald Tribune » expliquait le lendemain : « Après avoir obtenu un accord sur le nouveau traité simplifié au début du week-end, Sarkozy a empêché l’ouverture du processus qui aurait pu permettre de déboucher sur l’entrée de la Turquie dans la zone euro – ce qui aurait eu une évidente résonance symbolique… » Bref, la France a bien interrompu, là où elle le pouvait, le processus de la négociation. Naturellement les maximalistes trouveront que ce n’est pas ce qu’il fallait faire et que nous aurions du quitter l’Union européenne, mais les Turcs, eux, ont parfaitement compris le message.

A quoi sert un ministre ?

Je reçois le rapport d’activité du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie. Par qui croyez-vous que ce document censé expliquer ce que fait Bercy soit signé ? Par le ministre naturellement ! Eh bien non. C’est Monsieur Jean Bassères (vous connaissez ?) le secrétaire général du ministère qui signe. Normal, à Bercy les ministres passent si vite qu’ils n’ont guère le temps de savoir ce qui s’y passe. Borloo aura tenu un mois. Depuis dix ans, on doit bien compter une dizaine de ministres passés par là. Et si jamais il en est un qu’on dit compétent, par exemple, Christine Lagarde, le président de la République croit nécessaire de l’accompagner au conseil des ministres des finances européens pour expliquer à sa place la politique économique de la France. Comment a-t-on pu préparer un paquet fiscal aussi lourd que celui que s’apprête à voter le Parlement en un mois tout en changeant de ministre. C’est bien la preuve que le ministre soit disant en charge du dossier n’y est pour rien. Donc, ne nous inquiétons pas trop d’être sans ministre des Sports pendant quatre mois !

Liberté pas chérie

A deux semaines de l’entrée en vigueur de la libéralisation de l’électricité, les lobbies anti-marchés se déchaînent. "Surtout, ne bougez pas de chez EDF" nous dit l’UFC- Que choisir. Plus facile de choisir en effet quand on est en situation de monopole ! Et plus confortable aussi pour les sociétés qui en bénéficient. Pourtant, n’en déplaise aux associations de consommateurs, la concurrence est un puissant facteur d’amélioration des services. France Télécom aurait –il développé aussi vite le mobile s’il avait gardé son monopole, sans l’aiguillon de Bouygues-Télécom et de SFR ? Et sans l’Internet n’en serions nous pas toujours au Minitel noir et blanc ? La semaine prochaine, s’ouvre le salon du Bourget. Voilà un secteur, celui du transport aérien, qui depuis vingt ans a vu éclater les monopoles ; résultat, le trafic a triplé, le nombre des destinations desservies a doublé, les avions sont de plus en plus confortables et les billets de moins en moins chers. Air France peut dire merci à la libéralisation et aux compagnies Low Costs qui l’ont réveillé et hissé avec KLM au premier rang mondial. Cela devrait faire réfléchir EDF.

Intérêts déductibles (fin)

« Cette mesure s’appliquera à tous les emprunts en cours » avait dit Nicolas Sarkozy. Sauf qu’elle sera limitée aux cinq premières années suivant l’acquisition, ce qui limite sérieusement le nombre de bénéficiaires. Je savais bien que nos fonctionnaires trouveraient une astuce pour limiter les dégâts. Le plafond de 1500 euros (majoré de 500 euros par enfant), correspondrait au plan d’amortissement d’un emprunt de 200 000 euros à 4%, soit davantage que le montant moyen emprunté (142 000 euros). C’est pas mal, encore mieux pour ceux qui ne paient pas d’impôts et se verront rembourser la somme. Mais tout de même, cela ne permet pas d’acheter les 210 mètres carré de notre fidèle Patrice ! En revanche, il peut continuer à payer l’ISF pour financer les réductions d’impôts. Et pendant ce temps-là Trichet augmente les taux d’intérêt à court terme, poussant à la hausse les taux à long terme, reprenant aux emprunteurs ce que Sarkozy leur concède. La rupture n’est pas encore évidente.

Avec toutes nos excuses...

Nous rencontrons depuis deux jours des problèmes techniques sur nos serveurs informatiques. Vous avez sans doute eu du mal à accéder au blog, Je vous présente donc toutes nos excuses. Ces ennuis techniques devraient être maintenant résolus. Si vous rencontrez encore des problèmes pour nous envoyer votre commentaire, vous pouvez me le faire parvenir directement sur mon mail (fpaya@valmonde.fr) et je le mettrai le plus rapidement possible en ligne. Très cordialement à tous Frédéric Paya

Le temps des embrassades

Les embrassades, donc, ne sont plus réservées au show bizz. Pour sceller le retour en force de l’amitié franco-espagnole, naguère remise en cause, à juste titre, par Nicolas Sarkozy quand, ministre de l’Intérieur, il avait enjoint Jose Luis Zapatero de ne plus régulariser chaque année, des dizaines de milliers de clandestins ayant vocation à passer les Pyrénées pour venir bénéficier du RMI chez nous, ce même Sarkozy devenu président de la République, embrasse comme du bon pain le président du Conseil espagnol ! Changement de style ? Sans doute. Mais alors, allons au bout des choses. De même que « le style c’est l’homme » (Buffon), c’est la raison d’Etat qui change de style. On n’imagine pas Churchill serrant Staline dans ses bras à Yalta, ni Roosevelt embrassant de Gaulle à Casablanca. Si, demain, Zapatero vote contre la France au Conseil européen quand celle-ci proposera un contrôle accru des frontières méditerranéennes, attendons nous logiquement à ce que le nouveau chef de l’Etat refuse ostensiblement de lui serrer la main !

Enfin une bonne rétroactivité !

En annonçant que les intérêts d’emprunts pour l’acquisition d’une résidence principale seront déductibles des revenus à concurrence de 20 %, le nouveau ministre du budget, Eric Woerth, confirme la promesse faite par Nicolas Sarkozy. Certes, on peut déplorer ce plafond de 20 %. Après tout, les entreprises peuvent déduire l’intégralité des intérêts qu’elles paient pour le calcul de leur bénéfice imposable. Mais ne boudons pas notre plaisir face à cette mesure qui constitue un progrès pour aider à accéder à la propriété. Et ne reprochons pas, pour une fois, la rétroactivité de la loi fiscale au 6 mai. L’impôt est une mesure pénalisante et, en droit pénal, toute disposition favorable à l’accusé, en l’occurrence celui qui travaille pour vivre, doit lui profiter. Et si l’élection de Nicolas Sarkozy doit marquer une nouvelle étape dans la baisse des impôts, le 6 mai mérite d’être marqué d’une pierre blanche. Attendons, toutefois, de connaître les modalités d’application de la mesure. On s’en veut presque d’être sceptique, mais les bureaux de Bercy et les experts de la commission des finances de l’Assemblée, même de droite, nous ont habitué à tant de duplicité fiscale que le doute systématique est nécessaire.

Ceux qui se lèvent tôt!

L’indignation affichée par la gauche parce que Nicolas Sarkozy prenait deux jours de vacance sur un Yacht à Malte traduit assez bien sa répulsion fascination pour les signes extérieurs de richesse. Nicolas Sarkozy a des amis riches. Est-ce un crime ? François Mitterrand fréquentait les Schlumberger et avait d’excellentes relations avec Antoine Riboud, le créateur de Danone. Ce la n’en faisait pas pour autant le président du Cac 40 ! On a reproché à Nicolas Sarkozy de fréquenter des grands patrons alors qu’il prétendait défendre la France de ceux qui se lèvent tôt. Mais croit-on vraiment que les grands patrons font la grasse matinée avant de se lever pour passer leur journée à fumer leurs cigares en haut-de-forme ? La gauche a oublié cet adage populaire : « La fortune appartient à ceux qui se lèvent tôt ».

Et pendant ce temps, les églises brûlent…

Puisque le 8 mai nous y invite, cessons un instant de parler politique politicienne. Ce ne sera pas, hélas, pour dire des choses gaies. Lundi, l’église Sainte-Anne, à Loos (Nord) a été ravagée par les flammes, vraisemblablement à la suite d’un acte criminel. Le 3 mai, à Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire), l’église a été pillée, et les hosties profanées. Le 29 avril, c’est une autre chapelle Sainte-Anne, en Bourgogne cette fois, qui avait été vandalisée. Le 28 et le 30 avril, deux cimetières chrétiens étaient profanés dans la Marne et en Alsace. Le 18 avril, c’était une paroisse de Perpignan qui était vandalisée, voyant ses œuvres d’art détruites, ses croix tordues, ses statues abattues. En janvier, c’est l’église de Saint-Antoine de Ginestière, à Nice, qui avait été incendiée, suivant celle de la Duchère, à Lyon, en novembre 2006, ou les trois églises bretonnes livrées aux flammes la même année… Faute de pouvoir continuer cette pénible énumération, on renverra à l’édifiant site Indignations, qui a entrepris la tâche de plus en plus lourde de recenser les profanations antichrétiennes commises en France depuis 2003. On s’étonnera surtout du silence médiatique et politicien qui continue d’accompagner ces actes de haine à l’égard de la foi catholique, de l’Eglise et de ses fidèles. Ceux-ci constitueraient-ils une communauté de seconde zone, pas assez politiquement correcte pour intéresser les princes qui nous gouvernent ? Sur ce terrain-là aussi, une rupture est urgente…

Espérons que la fonction créera l’organe !

Les dés du suffrage universel ont roulé : ce sera, la semaine prochaine, ou Sarko ou Ségo, et tant pis pour les citoyens que la perspective d’avoir à choisir entre les deux ne porte pas à l’euphorie. A cet égard, soulignons qu’il est pour le moins anormal que, dans la prétendue démocratie qui est la nôtre, le vote blanc ne soit pas comptabilisé comme une expression politique à part entière. Passons… De l’un des candidats, le programme et la personnalité suscitent de notre part un total rejet. De l’autre, si le programme nous agrée, la personnalité ne me séduit pas complètement, et c’est un euphémisme. Manque de pondération, de maîtrise de soi, difficulté à dialoguer, tendance à la démagogie, confusion entre le désir de pouvoir et le service de la « res publica », doute sur ses capacités à affronter une crise internationale… Comme un vin de garde, il gagnerait à vieillir quelques années de plus en cave avant d’exercer la magistrature suprême. Reste à espérer que, comme le pensaient les physiologistes du dernier siècle, la fonction créera l’organe, quel que soit le vainqueur du scrutin.

C’est pas chez nous que ça arriverait !

Oublions un peu la politique et reparlons d’amour. Le président de la banque mondiale, Paul Wolfowitz, celui-là même qui voulait punir la France pour s’être opposée à l’intervention américaine en Irak, risque à son tour d’être sanctionné. Il est accusé d’avoir une maîtresse au sein de la banque et d’être intervenu en sa faveur pour lui faire obtenir un poste très bien rémunéré au département d’Etat ! Certains jugent qu’il est maintenant mal placé pour conduire la croisade anticorruption qu’il a lui-même lancée, conditionnant les prêts de la banque aux pays en développement à l’honnêteté de leur gouvernement (sans doute pour réduire les engagements de cet établissement). On comprend l’indignation soulevée par la conduite de M. Paul Wolfowitz. Jamais on ne verrait en France un dirigeant haut placé avoir une relation extraconjugale et profiter de sa fonction pour lui consentir la moindre faveur. Paul Wolfowitz a d’ailleurs reconnu ses torts et s’est excusé. Il juge d’ailleurs que ses excuses suffisent et refuse de partir. Là encore, quelqu’un dont plus personne ne veut qui s’accroche à son poste, c’est du jamais vu ! Aux dernières nouvelles il s’est adjoint les conseils de Bill Clinton, un expert en « romantic affairs » comme disent les anglo-saxons. C’est effectivement plus romantique que le dialogue Sarko-Sego.

C’est encore ça la France !

Merci à vous qui, bloqués à l’aéroport dans une zone wifi, en profitez pour consulter notre blog. Et merci aux contrôleurs aériens en grève de vous donner cette occasion de vous instruire. Une poignée de fonctionnaires de la tour de contrôle d’Orly et du centre d’Athis-Mons se permet de perturber le trafic européen pour protester contre un regroupement, à partir de 2011, dans un seul centre de contrôle. Pour ce faire, les grévistes invoquent l’intérêt supérieur du service public et, bien entendu, votre sécurité. Si vous êtes cloués au sol, au moins, vous ne risquez pas de tomber ! On veut bien croire à la noblesse des mobiles invoqués. Car une récente étude de Sauvegarde retraites (www. sauvegarde-retraites.org) nous apprend que les contrôleurs aériens n’ont vraiment aucun motif de se plaindre de leur situation matérielle. Une semaine de travail de 32 heures, dont 25% de temps de repos, 54 jours de congés annuels, un traitement de fin de carrière de 3 688 euros en 2007 qui sera porté à 4327 euros d’ici 2009, une retraite au plus tard à 57 ans et une retraite qui passera de 4218 euros au 1 juillet 2007 à 4500 euros au 1er juillet 2009 en euros constant. Certes, ce ne sont pas les indemnités de Forgeard, mais beaucoup de salariés s’en contenteraient. Douce France !

     |