|

Ils ne changeront jamais.

A tout problème, il y a une solution. Traduction socialiste : tout problème posé se résout par un impôt. En moins de dix ans, le nombre des Français partis s’installer à l’étranger s’est accru de 60%. Ils sont maintenant plus de 1,5 million. Moyenne d’âge : trente-cinq ans. Ils sont parmi les plus audacieux, ceux qui prennent le plus de risques, qui ont le plus envie de se frotter à la concurrence. Et d’ailleurs ils sont les meilleurs ! Ils travaillent en grande majorité dans les pays anglo-saxons, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Canada et maintenant Australie ! A ceux-là qui sont partis tenter l’aventure s’ajoutent ceux qui comme Johnny Hallyday en ont par-dessus la tête de voir confisqué l’argent qu’ils ont gagné par le fisc français. ISF : incitation à sortir de France. En moins de dix ans, 32 milliards d’euros de matière fiscale ont pris la fuite. Sarkozy est allé à Londres dire à ces expatriés que sa politique n’avait qu’une ambition : donner suffisamment de tonus à la France pour qu’ils aient tous envie de revenir. Réponse socialiste, exprimée par Dominique Strauss-Kahn : il faut taxer ces Français là où ils sont ! Et s’ils ne paient pas ? Déchus de leur nationalité française ! Ce qui s’appelle une rançon. Cette mesure illégale, anticonstitutionnelle, condamnée par les traités européens, n’a en définitive qu’un aspect positif : au moins les Français les plus audacieux, les plus inventifs, ne vont pas voter Royal !

Ni pétrole, ni bonnes idées

Décidément, les Français n’aiment guère leurs champions industriels. Chaque année, au moment de la publication des résultats de Total, c’est le tollé, c’est l’indignation : 12,6 milliards d’euros de bénéfices cette année, 12 milliards l’an dernier. C’est une honte ! Et en plus, le groupe refuse de plaider coupable dans la marée noire de l’Erika et dans l’explosion d’AZF. Cette prospérité financière est tellement scandaleuse que l’idée a toute suite été émise de prélever un impôt exceptionnel de 5 milliards d’euros sur des bénéfices aussi monstrueux ! Pourquoi pas dix ? Je n’ai pas fait le calcul, mais mesurés en années de Smic, les bénéfices de Total que le groupe a le culot de reverser aux actionnaires (4 milliards d’euros), doivent bien représenter quelques années lumière de Smic, l’étalon de mesure préféré des Français ambitieux. On avait coutume de dire que les Français n’ont pas de pétrole mais qu’ils ont des idées. Oui, certes, mais quelles drôles d’idées ! Au lieu de se réjouir d’abriter le quatrième groupe mondial ils souhaitent le pénaliser. Alors qu’ils ont peur de manquer de pétrole, ils veulent le priver des moyens d’investir. Comme ils voudront sans doute demain surtaxer les banques qui font des bénéfices record. Comme était plus sympathique le Crédit Lyonnais avec ses 100 milliards de pertes (des francs, pas des euros) ! Comme serait odieuse une SNCF qui gagnerait douze milliards par an et pourrait ainsi autofinancer son TGV et renflouer son fret. Le profit, c’est l’ennemi du service public, donc l’ennemi public !

Bien entendu, c’est off… 

Un président de la république française devrait toujours se méfier d’un journaliste, surtout équipé d’un enregistreur. Surtout quand il parle de diplomatie à des étrangers, à plus forte raison Américains. C’est le B-A-BA du métier, après cinquante ans de vie politique qui ont durci le cuir autant que l’oreille. Jacques Chirac a livré de la dynamite l’autre jour au New York Times et à l’Herald Tribune (avec le Nouvel Observateur). Une confidence, micros ouverts, sur le dossier explosif du moment : l’arme nucléaire iranienne. Les pieds dans le plat et les diplomates satellisés, le Président a donné le fond de sa pensée et dessiné l’Apocalypse : Téhéran rayée de la carte ! On dit qu’un « conseiller diplo » l’assistait en bout de table. Il a probablement suggéré au président de stopper les magnétos ou de basculer en « off ». Un conseil chuchoté avec respect, discrètement, trop sans doute. Inaudible. Mais le « off » n’existe pas. On parle ou on se tait. Les politiques, les fonctionnaires, civils ou militaires, tenus au devoir de réserve, en jouent. Parfois, le journaliste peut lui-même poser la question : « C’est du off ? » Mais pourquoi le ferait-il ? Le « off » est toujours la partie la plus intéressante. « Bien entendu, c’est off » répondra invariablement l’interviewé. Le « off » sert en réalité à faire passer un message à haute valeur ajoutée mais « non sourcé ». Alors, « off » ou pas « off » ? « Off » total ou simili « off » ? Et si le Président s’était en réalité lâché, en toute connaissance de cause, histoire de faire passer le message aux Iraniens, par-dessus les tambours de guerre du Golfe : « Voilà ce qu’on pense : arrêtez vos centrifugeuses, refroidissez vos missiles ou vous serez instantanément ratatinés. » Du grand art. Un « off » d’anthologie, stratégique et balistique.

Au secours de l’impôt

Merci à ceux qui m’ont apporté leur contribution pour défendre les rémunérations des patrons et particulièrement à Patrice qui veut faire rêver Margaux en lui donnant des cours d’économie. A chacun son mode de séduction ! J’en viens aujourd’hui à une autre cause désespérée, celle de l’impôt. Figurez-vous que le mouvement Alternative économique fait circuler un appel intitulé « Pourquoi nous consentons à l’impôt » qui a déjà recueilli prêt de 10 000 signatures. « Nous, soussignés, assujettis à l’impôt sur le revenu, et pour certains d’entre nous, à l’impôt de solidarité sur la fortune, considérons ces prélèvements comme légitimes et sommes fiers d’apporter ainsi notre contribution aux dépenses publiques nécessaires au progrès, à la cohésion sociale et à la sécurité de la nation ». Ses signataires en redemandent dans la progressivité et la taxation des successions. Ils s’insurgent contre les propositions de baisses d’impôt qu’ils jugent démagogiques. Sont-ils si sûrs que les impôts servent efficacement le progrès, la cohésion sociale et la défense de la nation ? On ne voit pas que ces grandes causes aient tellement progressé depuis le début des années 1970. Pourtant, en l’absence de toute pétition pour l’impôt, le taux des prélèvements obligatoires a quand même fait un bond de plus de 10%. Malgré cette envolée (44% du PIB), nous accumulons les déficits car les dépenses publiques atteignent 55% du PIB. S’il fallait en remettre une couche je pense que l’on pourrait en réserver le financement aux signataires de cet appel qui sont si fiers de payer des impôts et à leurs amis qui n’aiment pas les riches et dénoncent le profit fainéant.

Liberté chérie ?

En route vers ma projection de cinéma biquotidienne, attente démesurée sur le quai du métro. Je m’attends à ce que les hauts-parleurs crachotent une explication ou une vague excuse. Au lieu de quoi ils m’informent qu’en fumant dans la station, j’encours une amende de 68 € et des poursuites judiciaires, et me recommandent fortement d’appeler tel numéro où l’on rééduquera mon addiction tabagique. A intervalles de trois minutes, en un quart d’heure de poireautage j’aurais entendu cinq fois l’injonction orwellienne. Sur le quai, à chaque jingle musical qui précède la menaçante annonce, la tension se fait plus palpable ; à l’exaspération vis-à-vis du service public défaillant s’ajoute le stress de cette propagande insistante. Derrière l’alibi de santé publique, l’esprit de l’époque, fait d’intimidation pateline et de moralisme hypocrite, se révèle. « On peut plus rien dire », chantait naguère un ex-Inconnu, bien placé pour savoir qu’il ne pourrait plus créer aujourd’hui quelques-uns des sketches qui ont fait la gloire du célèbre trio. Plus rien dire, plus rien faire : de la condamnation du député Christian Vanneste pour avoir osé donner son opinion sur l’homosexualité à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, en passant par la campagne de la Halde pour imposer une tolérance laïque, payante et obligatoire, l’actualité s’est chargée de nous rappeler ces derniers temps que cette liberté qui se réduit comme peau de chagrin n’est pas le produit d’une fatalité anonyme, mais le fruit législatif d’une droite qui se veut pourtant, historiquement, le camp des libertés. Candidat de la rupture, Nicolas Sarkozy n’a pourtant pas été le dernier à accabler Christian Vanneste. Sur le plan du politiquement correct et du moralisme hygiénique du moins, la rupture ne serait-elle qu’un mot ?

Blogosphère

Le blog d’Alphonse Bitru, le blog de Ginette Tartemuche : il ne se passe pas de jour sans que la blogosphère ne vienne s’enrichir de quelque nouvelle contribution, le plus souvent dictée par la vanité et le besoin désespéré d’exister dans une société atomisée. Mais cette prolifération témoigne aussi d’une frustration face à une information ressentie comme de plus en plus officielle et verrouillée par les assauts croissants et combinés de la lâcheté et du conformisme. De plus en plus, Internet est en train de créer un nouveau rapport à l’information, permettant d’évoquer plus librement des sujets que la plupart des médias traitent peu, ou de façon biaisée par les diktats du politiquement, du culturellement ou du moralement correct. Nombreux sont les blogs qui sont devenus plus réactifs, plus curieux, et finalement mieux informés que certains médias institutionnels (on me permettra de saluer, notamment, le Salon beige, qui effectue un travail de veille et d’analyse que bien des journaux professionnels pourraient lui envier). C’est évidemment à cet édifice-là que ce blog de Valeurs actuelles doit apporter sa pierre, comme il le fait dans sa version papier, pour qu’Internet ne soit pas seulement un tombereau d’informations contradictoires et inutilisables qui ne font que nourrir le relativisme ambiant, mais bien un espace de liberté et d’intelligibilité. Car n’oublions pas qu’une information vraiment libre aura toujours besoin que des journalistes professionnels consacrent au décryptage de l’information un temps et une compétence irremplaçables. N’oublions pas non plus que pour ce faire, ils ont besoin de lecteurs qui leur donnent les moyens d’exercer leur métier. En un mot comme en cent, lire le blog de Valeurs actuelles, c’est bien. S’abonner au journal, c’est encore mieux !

Bienvenue sur le Blog de Valeurs Actuelles

Vendredi 2 février est une date importante pour Valeurs Actuelles : c'est ce jour là que votre magazine favori a ouvert son Blog. Vous remarquerez que chaque jour, les journalistes de la rédaction y contribuent en commentant à chaud l'actualité aujourd'hui marquée par les élections Présidentielles. Ils ne s'interdisent toutefois pas d'aborder d'autres thèmes qui les tiennent particulièrement à coeur.

Vous pouvez bien évidemment apporter vos commentaires. Ceux-ci n'apparaîtront pas immédiatement mais seront validés par nos soins. Seuls apparaîtront les messages dont le contenu n'est pas diffamatoire, injurieux, contraire aux bonnes moeurs, à l'ordre public et à la législation.

Il se peut que vous rencontriez des problèmes techniques ou que vous ayez des questions à nous poser, dans ce cas, n'hésitez pas à m'envoyer un message à l'adresse suivante : fpaya@valmonde.fr

Bonne ballade sur notre Blog !

     |