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Retour de l’impôt mania

Après le modeste « paquet fiscal » tant critiqué par la gauche pour ne profiter qu’aux riches, le gouvernement renoue avec les bonnes vieilles habitudes : un problème, un impôt. Pour rendre les chaines de télévision publiques encore plus ennuyeuses, il est question de supprimer la pub et de remplacer cette ressource par un impôt sur les abonnements Internet et sur les téléphones mobiles. Etrange façon d’encourager l’économie numérique, paraît-il une priorité pour l’avenir. On a déjà pénalisé les familles nombreuses avec l’éco-taxe parce que leurs grosses voitures polluent plus que les minis. Voilà maintenant que l’Etat envisage une taxe sur les hôtels de luxes pour financer l’entretien du patrimoine. Etrange manière d’encourager le tourisme ! Les riches Mécènes qui viennent visiter le château de Versailles qu’ils ont sauvé par leurs dons devront payer deux fois. Le concours Lépine de la fiscalité est ouvert : une visite gratuite à Bercy pour celui qui trouvera la taxe la plus contre-productive !

Les prises d’otage du président

Décidément, Nicolas Sarkozy , et son porte-plume, Henri Guaino, ne reculent devant rien. A l’ahurissement des téléspectateurs de la cérémonie des vœux et de la conférence de presse du 8 janvier, le président, champion sans rival de la prestidigitation, a sorti de son chapeau un magnifique lapin baptisé « politique de civilisation ». A l’entendre marteler avec assurance ce mot ronflant, et citer avec aplomb le sociologue Edgar Morin, son inventeur, on imaginait une familiarité de longue date avec l’auteur, vétéran de la sociologie, et auteur d’une quarantaine de livres, dont la lecture s’avère nettement plus ardue que celle des romans de Marc Lévy. Il est peu probable que l’homme pressé qu’est Nicolas Sarkozy ait eu le loisir de se plonger dans l’ œuvre abondante d’Edgar Morin. Sans doute Henri Guaino l’a-t-il fait pour lui. Avec le talent d’assimilation qui est le sien, le président a bien appris la fiche qui lui a été remise. Le hic est qu’il est pour le moins curieux d’entendre le champion du libéralisme et l’enterreur des 35 h reprendre à son compte la diatribe anti-libérale de l’homme de gauche qu’est depuis plus d’un demi siècle E Morin et ses anathèmes sur la superstition de la croissance ! Le mentor malgré lui du président, dont les prises de position anti-Bush et anti politique de l’immigration sont connues, est resté pour le moins dubitatif devant cette récupération osée. Avec fair-play, il a reconnu tout de même les formidables qualités de stratège et de communicateur du président : par la grâce d’une formule, Nicolas Sarkozy a réussi sa manœuvre de diversion : occuper la presse et le public, et escamoter le problème de la relance et du pouvoir d’achat.

Rencontre avec des députés (très) inquiets…

Dans le cadre d’un « papier » que je prépare pour la semaine prochaine sur François Fillon (dont la discrétion et la constance tranchent positivement, dans l’opinion, avec la peopolisation et le sur-régime sarkozystes), j’ai rencontré plusieurs députés UMP que je connais bien. Beaucoup, c’est nouveau, sont inquiets. Même parmi les plus fervents disciples du président.

Trois reproches principaux lui sont faits : 1°) « L’étalage » d’une vie privée qui semble prendre le pas sur tout le reste : « Sur le terrain, je sens biens que ça décroche, me dit l’un d’eux. Les Français ont l’impression que Sarkozy ne s’intéresse plus à eux ». 2°) L’absence de résultats en matière de pouvoir d’achat : « Les Français l’ont élu parce qu’ils étaient impatients. Maintenant, il leur dit d’attendre… Alors ils commencent à dire : « Finalement, il est comme les autres… Tous pareil… » » 3°) L’ouverture brouille les cartes à gauche, mais aussi à droite : « Beaucoup d’électeurs nous disent : « A quoi ça sert de voter à droite si c’est pour avoir des ministres de gauche, qui eux-mêmes continuent de voter à gauche… »

Sarkozy a fait du « changement de style » présidentiel sa priorité : il a rajeuni et dynamisé la fonction. Il a fait – un peu - dans – beaucoup – de directions. Mais sur quelle « grande réforme » peut-il s’appuyer pour faire espérer aux Français une vraie amélioration de leur situation ? Où est la réforme de « rupture » capable de changer la donner ?

Reagan, sitôt élu, s’était entouré d’une équipe de libéraux très à droite et avait fait voter une baisse d’impôts généralisée de 30 %. Si même les députés UMP commencent à douter… Pour l’instant en « off ». Mais chez certains l’inquiétude confine au reproche. Pour être très franc, je les comprends…

Le viaduc du Saint Esprit

Le ministre du travail, Xavier Bertrand, est prêt à rétablir le caractère férié du lundi de Pentecôte. La journée de solidarité sera prise un autre jour. Action de l’Esprit Saint suite à la visite de Nicolas Sarkozy au Vatican ou simple retour au bon sens ? Cette mesure en satisfera plus d’un. A commencer par les parents qui travaillent dans le privé mais dont les enfants scolarisés dans le public n’allaient pas en classe le lundi de Pentecôte. Cet effort destiné à financer les maisons de retraite avait montré le manque de solidarité entre les agents de l’Etat et des collectivités locales, qui la plupart ne travaillaient pas le lundi de Pentecôte, et ceux du privé, contraints d’aller au turbin, sauf à prendre un jour de congé. On sait que les routiers devaient travailler mais n’avaient pas le droit de rouler pour ne pas gêner les fonctionnaires en vacance ! A vos calendriers ! Cette année, on pourra peut-être en toute bonne conscience faire le pont du 8 mai, un jeudi, au lundi 12 mai. A défaut de gagner plus, on pourra travailler moins. A condition que le parlement ait eu le temps de voter la loi. Car les vacances parlementaires sont, comme leurs retraites, plus copieuses que la moyenne. Municipales et solidarité oblige.

Hypocrisie ?

Acceptant de répondre, en pleine conférence de presse élyséenne, à une question portant sur ses amours, Nicolas Sarkozy a justifié son attitude sur la question par le désir de rompre (là aussi) avec « l’hypocrisie » qui aurait caractérisé ses prédécesseurs immédiats (la question ne se posait pas, est-il permis de le rappeler, pour ceux qui firent en sorte de passer toute leur existence avec la même épouse). Or l’hypocrisie n’est-elle pas aussi d’appeler « souci de transparence » ce qui n’est au fond qu’une soumission, résignée ou opportuniste, à la pipolisation de toute chose ? D’invoquer la liberté personnelle tout en se soumettant au règne présenté comme inéluctable de cette transparence qui est, pourtant, le fourrier de la surveillance totalitaire de tous par tous ? De réclamer, pour les présidents, le droit à la vie privée, en niant ce droit au secret qui est le fondement de toute vie privée ? L’hypocrisie, n’est-ce pas aussi de présenter comme obéissant à un souci de moralité publique un mélange des genres qui affaiblit l’autorité de l’Etat, amenant le chef de l’Etat à faire la "une" de Voici au côté de telle midinette de la Star Academy, brouillant l’image de la France à l’étranger, indexant la popularité de l’exécutif, et donc sa capacité à mener à bien les réformes dont le pays a besoin, sur les flux et reflux d’une vie sentimentale mouvante ? L’hypocrisie, n’est-ce pas aussi de nous dire qu’il n’y a dans cette affaire rien que très banal, tout en sachant bien que nous allons être inondés d’images de ce qui a pris, inéluctablement, les allures d’un roman-feuilleton ? Certes, les hommes d’Etat qui nous gouvernent ont le droit de mener leur vie privée comme bon leur semble. Mais nous avons, aussi, et peut-être avant tout, le droit de n’en rien savoir.

Des 35 heures aux 40 heures…

Comment faire pour libérer le travail sans abroger les 35 heures ? En votant. François Fillon indique au « Monde » que l’abrogation des 35 heures serait impraticable. Ce qui signifie, dans le cas présent, qu’une loi ne peut plus défaire ce qu’une autre a fait, contrairement à ce que l’on croit. Y a-qu’à…On ne peut donc biffer les 35 heures par un vote des députés et des sénateurs. Mais par un autre vote, on le peut : celui des salariés. Démonstration : le personnel de l’usine Continental de Sarreguemines (1 300 salariés) qui fabrique des pneumatiques, vient de s’exprimer à 75% en faveur du retour aux 40 heures. Avec rachat des RTT pour les cadres et heures supplémentaires pour les autres. L’usine va ainsi tourner six jours de plus dans l’année, donc produire plus, tout en économisant 2 millions d’euros par an (sur les charges des heures supplémentaires) et elle va même pouvoir embaucher. Plus il y a de travail, plus on crée d’emplois. Les syndicats disaient : c’est du « chantage à l’emploi ». On a vu par le vote des salariés à bulletins secrets ce qu’ils représentaient.

Ils sont fous ces Espagnols !

Et voilà maintenant Zapatero, le premier ministre espagnol, qui menace de supprimer l’ISF s’il est réélu ! Je dis menace parce que j’ai bien compris, ayant bien écouté les leaders de la droite française, que c’était une mesure absolument absurde et de toute façon impossible à prendre. Il est vrai qu’ils sont à droite et que Zapatero est socialiste. C’est bien là que doit résider l’explication à cette différence de point de vue. A moins que Zapatero, malgré sa jeunesse, n’ait pas envie d’être réélu puisque c’est paraît-il, le plus sûr moyen de perdre les élections. Autre hypothèse, puisqu’il faut bien chercher une explication à cette proposition délirante : les Espagnols sont beaucoup moins intelligents que les Français. Ils sont incapables d’imaginer des dispositifs aussi subtils que le plafonnement du plafonnement, inventé par Alain Juppé, ou encore le bouclier fiscal qui oblige quasiment le contribuable à demander un contrôle fiscal s’il veut en bénéficier, ou encore l’investissement obligatoire à fonds perdu dans des PME non cotées que personne ne connaît sauf des gérants de fonds qui se goinfrent de commissions. Décidément, plus que jamais, « vérité en deçà des Pyrénées, mensonges au-delà… »

Lettre ouverte aux « frileux » qui refusent la manif du 18 novembre !

Quelle frilosité de la part de l’UMP ! A entendre Patrick Devedjian, « les manifestations ne sont pas dans notre culture ». « Il est trop tôt », dit aussi Xavier Bertrand. Henri Guaino, lui, dit carrément que ce serait une « faute ». Quelle erreur ! C’est par milliers que les Français « de base », comme on dit, réclament de pouvoir, enfin, exprimer leur « ras-le-bol ». Pas simplement contre ces grèves – nous y sommes, malheureusement, habitués ! -, mais contre l’attitude en général de ces syndicats arc-boutés sur leurs privilèges. Pourquoi ne pourrions-nous pas, nous aussi, nous exprimer ? Dire, enfin, tout haut, et dans la rue, ce que nous pensons ? Rappeler, surtout, que nous existons ? La France de droite l’a déjà fait en 68 et pour l’école libre. Ce furent de grands succès. Liberté Chérie et Contribuables associés organisent, dimanche à 15h, place de la République, à Paris, une manifestation « contre tous les blocages ». Pour tous ceux qui, un jour, ont eu envie de dire leurs quatre vérités aux « bloqueurs professionnels », c’est le moment. Attendre, toujours attendre, ça suffit ! Même si vous n’avez pas la possibilité de vous déplacer, dites, ici, d’un simple mot, que vous soutenez cette initiative. Je leur transmettrai. Il risque de faire froid, dimanche. Cela va nous réchauffer. Et réchauffer notre ardeur. Merci d’avance.

Et en plus, il "chante" !

Autrefois, un "emploi du temps de ministre" était synonyme d’agenda surchargé. L’hyperactivisme du président de la République aidant, l’expression désignera peut-être bientôt le style de vie de qui ne sait plus quoi inventer pour combler le vide de ses journées – et tenter désespérément d’exister. Après Jean-Louis Borloo qui va donner des conférences de presse sur la banquise, après Christine Boutin qui déménage (à nos frais) son ministère à Lyon pendant une semaine, après Hervé Morin plus heureux sur les champs de course qu’en avocat du Rafale, voici Bernard Kouchner qui pousse la chansonnette. Le chef d’œuvre en question s’appelle "Deutschland" et a été enregistré, en collaboration avec le ministre des affaires étrangères allemand, sous la houlette du chanteur germano-turc Muhabbet. Le but de l’opération ? favoriser, nous dit-on, l’harmonie franco-allemande, mais aussi l’intégration des immigrés turcs en Allemagne. Le résultat ? comment dire… l’expression la moins cruelle serait sans doute "légèrement pathétique". On s’est indigné de l’invective injurieuse lancée par un marin-pêcheur au président de la République en visite au Guilvinec, et de l’inquiétante baisse du prestige de l’Etat qu’elle révèle. Mais si nos hommes politiques ne se respectent pas eux-mêmes, et leur fonction encore moins, qui les respectera ?

Selon que vous serez puissant ou misérable…

A voir les images de la visite officielle de Nicolas Sarkozy aux Etats-Unis, sa béatitude, sourire extatique et main sur le cœur, à se voir accorder une standing ovation par le Congrès ou un satisfecit par le président américain ; à entendre son zèle à rester extrêmement évasif sur les implications pratiques de l’« indépendance » qu’il entend garder vis-à-vis de l’administration américaine, au point que le correspondant local de la BBC concluait que le président français était désormais le nouveau Tony Blair de George Bush (compliment pour le moins ambigu) - on ne pouvait qu’être saisi du contraste avec la désinvolture avec laquelle Nicolas Sarkozy avait traité, quelques heures plus tôt, le pouvoir tchadien. Eprouvant le besoin de rappeler la justice locale à la présomption d’innocence, ou ayant l’air de considérer, avec sa fameuse déclaration « j’irai chercher ceux qui restent, quoi qu'ils aient fait », les autorités tchadiennes comme de simples greffiers de la volonté sarkozienne. Docilité avec les puissants, arrogance avec les faibles : on n’a pas souvenir que ce soit sur cette ligne que la diplomatie française ait acquis de par le monde le prestige dont elle jouit encore. Mais s’agit-il encore de diplomatie ?

L’épreuve dans la rue ?

Grève des cheminots et des conducteurs de métro et de bus parisiens le 14 novembre, grève des fonctionnaires le 20, tentatives de blocage des facultés…Cela peut-il se cristalliser en une épreuve de force ? Nicolas Sarkozy l’a rappelé lundi : « Nous ne plierons pas. » La question se pose de savoir si chacun n’attend pas cette épreuve de force, comme si à « réforme forte » il fallait dans ce pays « un conflit fort »… D’autant que chez les cheminots, la culture consiste à faire grève d’abord et à discuter ensuite. Certains de leurs syndicats continuent de croire qu’ils peuvent l’emporter grâce à la complicité d’autres fonctionnaires et si possible des étudiants d’extrême gauche. Refaire le « CPE » au profit des régimes spéciaux des cheminots ? Ce serait assez cocasse ! Pour le moment, l’opinion est massivement favorable aux réformes (et notamment à celle des régimes spéciaux), mais les cheminots comptent sur un nouvel allié, inattendu celui-là : le prix du pétrole. L’essence chère, c’est du pouvoir d’achat en moins. Baisse du pouvoir d’achat égale exaspération du public, n’est-ce pas, et pourquoi pas effet de solidarité avec les grévistes ? On va voir à nouveau la France « protégée » des fonctionnaires et agents des services publics faire face à la France « exposée » à la concurrence : la première joue de son droit de grève sans risque, la seconde réclame son droit au travail. L’épreuve de force, pour trancher ce débat, est peut-être devant nous ; Nicolas Sarkozy en fera juges les Français.

Zorro et les zozos

Vous trouvez qu’il en fait trop ? Du Tchad au Guilvinec, notre Zorro national est partout. Pourquoi pas ? Nicolas Sarkozy a la santé (53 ans, « la force de l’âge », dit-on), un peu plus de temps depuis le départ de Cécilia et surtout l’envie de faire bouger les choses par lui-même, sans se laisser étouffer par les filtres des routines administratives. Travailler plus pour obtenir plus : il montre l’exemple. La pitoyable affaire des zozos humanitaires du Tchad démontre qu’il faut parfois savoir agir vite. Ni Rama Yade (pas assez crédible aux yeux des Africains), ni Bernard Kouchner (le donneur de leçons d’ingérence humanitaire agace) ne garantissaient le succès. Le président s’y est collé. L’affaire partait en vrille, genre « infirmières bulgares » : une opinion manipulée, un régime en pleine surenchère, un chantage au sommet, le Blanc une nouvelle fois dans la pire situation. Zorro est arrivé. Une douzaine d’heures d’avion, quelques ronds de jambe convenus, de solides promesses d’indemnisation. Les premiers ressortissants étrangers sont déjà sortis des prisons tchadiennes. Après un délai de décence évidemment négocié, ce sera au tour des autres. Diplomatie spectacle ? Bien sûr. Cela fait maintenant partie du métier. Est-ce vraiment nouveau ? La fonction le veut, à condition de vouloir l’occuper pleinement. J’ai le souvenir d’un roi siégeant sous un chêne pour rendre la justice, d’autres mettant en scène leur lever, leur coucher, leur toilette, leur favorite. Les exemples abondent. Vous en avez sans doute d’autres, chers lecteurs férus d’histoire… Partageons-les.

Une grande manif contre les grévistes ? Chiche !

Rencontré, mercredi, un député (très) proche de l’Elysée. Il a récemment conversé avec le président. « Sarko sait qu’il n’a pas le choix : s’il recule devant les grèves, il s’effondre. Si la situation tournait au blocage généralisé, il est prêt à tout, y compris à appeler à une vaste contre-manifestation, comme de Gaulle en 68. » Je lui ai répondu : « Chiche ! » Ce n’est pas le journaliste qui s’exprime là, mais le citoyen : quoi qu’on pense de Sarkozy, s’il en appelle aux Français pour passer outre les blocages des grévistes professionnels arc-boutés sur leurs privilèges, j’en serai. Avec femme et enfants. ET VOUS ?

Marche ou grève

Le temps des réformes commence par une belle journée d’automne ou tous les Parisiens auront pu, grâce à Bernard Thibault et consorts, goûter les plaisirs de la marche à pied et du « velib ». Pour les résidents des banlieues, en revanche, c’est comme d ‘habitude en pareil cas, l’enfer. Que faire des enfants qui quelques fois ne sont même pas pris dans les écoles ? Comment rejoindre son lieu de travail et surtout en revenir dans des conditions décentes et des délais raisonnables ? Ne parlons pas des habitants du Loiret : ce département continuait jeudi imperturbablement à diffuser sur les ondes sa pub pour le département où il fait bon vivre à une heure de Paris ! Heureusement qu’il y a les RTT. Sinon la rupture pourrait bien devenir, grâce aux préoccupations sociales des syndicats, « marcher plus pour travailler moins ».

Chabal au gouvernement !

Qu’est-ce qu’on croyait ? Que par le seul miracle de l’intronisation de Sarko 1er, les pleureuses allaient disparaître de notre beau pays, les associations gauchistes subventionnées se convertir brusquement au principe de réalité, les bonnes consciences autoproclamées cesser de pousser des cris d’orfraie au moindre détail ? Que la rupture, si rupture il devait y avoir, allait passer toute seule, sans opposition, sans larmoiements, sans tirs de barrage de tous les arquebusiers du politiquement correct ? Faute de s’être vraiment résolu à y résister, tout se passe comme avant la "rupture" : le gouvernement propose une – timide – réforme, les députés, qui se rappellent plus facilement par qui ils ont été élus, la renforce de quelques amendements plus musclés, les associations et les médias aboient et pétitionnent pour la caricaturer, les sénateurs, qui se fichent bien des électeurs, l’émasculent, et pour finir le gouvernement recule en rase campagne en faisant adopter une version inoffensive de son projet, qui ne fâche personne tout en lui laissant le crédit d’avoir fait voté la réforme annoncée ! Et si, pour en finir, avec ce cercle infernal, on faisait entrer au gouvernement, non pas le si élégant Bernard Laporte (ah, cette façon inimitable qu’il a de mâcher son chewing gum, la bouche ouverte et de travers !), mais, "l’homme des cavernes" en personne, j’ai nommé Sébastien Chabal ? Avec lui comme interlocuteur, nul doute que les syndicalistes naufrageurs se tiendraient à carreau, que les vociférateurs de tout poil verraient leurs protestations se geler dans leur gorge, que les All Blacks de la morale cathodique y regarderaient à deux fois avant de pousser leurs "yakas" paralysants ! A tout le moins, il n’est pas interdit d’y rêver…

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