Scandaleuse rhétorique
Le 08/10/07, par Fabrice Madouas, Rédacteur en chef adjoint Société | Gouvernement
Ah, les beaux esprits ! Les voilà qui s’en prennent au premier ministre parce qu’il a osé prononcer un mot, bien anodin mais chargé d’infamie depuis qu’“un autre” l’a employé. Le 6 octobre, parlant de la loi sur l’immigration, François Fillon a raillé les polémiques qui « ont grossi jusqu’au ridicule un détail » de la loi sur l’immigration : les tests ADN – facultatifs, faut-il le rappeler ? “Détail”. Que n’a-t-il pas dit ! Le socialiste Pierre Moscovici a jugé ces déclarations « d’une gravité extrême », et Stéphane le Foll, le bras de François Hollande, y a vu un « clin d’œil » à l’électorat du Front national. François Fillon « signe non seulement son compagnonnage avec l’extrême-droite mais participe dangereusement à sa banalisation », renchérit Mouloud Aounit, du MRAP, en l’accusant d’avoir franchi « les limites de l’insoutenable et de l’indécence »… Pourquoi ce chahut ? Parce que Jean-Marie Le Pen avait eu le tort de qualifier l’existence des chambres à gaz de « point de détail de l’histoire de la deuxième guerre mondiale », tout en précisant que cela ne retirait rien à l’horreur du crime. C’était en 1987 ! Vingt ans après, voilà que la gauche nourrit encore un procès absurde contre la droite, en pratiquant, comme à son habitude, un amalgame ridicule. Le président du FN ne s’est pas privé de dénoncer la « tyrannie intellectuelle » qu’exercent « les lobbies qui gouvernent la pensée collective » en France. Lobbies qui s’acharnent à disqualifier la droite par ses références obsessionnelles aux « heures sombres de notre histoire » – sans peur du ridicule : n’attend-on pas entendu des associations comparer les contrôles d’identité à des “rafles” ? Et accuser le gouvernement de faire régner la “terreur”, parce qu’il veut faire respecter la loi sur l’entrée et le séjour des étrangers en France ? Qui ces outrances discréditent-elles : le gouvernement ou ces associations ?











