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Cécilia, Kadhafi et les Bulgares

En mission à Tripoli, Cécilia est enlevée par Kadhafi. La captive aux yeux clairs disparaît dans le désert de Cyrénaïque, enchaînée sous la tente en peau de chèvre du bouillant colonel. Brrr… Branle bas de combat à Paris ! Plus de défilé sur les Champs Elysées. Pierre Messmer ressort les cartes de la colonne Leclerc, la 9e brigade d’infanterie de marine lance un assaut amphibie sur les rivages des Syrtes, un raid de Gazelle (hélicoptères) déboule au ras des dunes et les paras de Bayonne fondent sur le nid du serpent. Happy end : Cécilia est libérée, Kadhafi est capturé. Pourquoi ne pas rêver ? Que mérite-t-il d’autre ce voleur de Bulgares ? On s’y est habitué mais qui est-il, sinon un de ces éternels barbaresques surgis du sud de la Méditerranée ? A l’époque, ils coulaient des bateaux et rançonnaient les chrétiens. Aujourd’hui, l’histoire se répète. Ils explosent des avions et prennent en otages des infirmières bulgares. Elles sont détenues depuis plus de huit ans, pour rien, et torturées. Elles n’ont pas eu droit à beaucoup de solidarité. Valent-elles moins que des journalistes ? Le satrape libyen veut une rançon. Il l’aura. Elle lui servira à se rembourser des centaines de millions de dollars qu’il a été obligé de verser à d’autres victimes de précédents méfaits : les familles des 500 morts des vols de la Pan Am et d’UTA que ses sbires firent naguère sauter.

Avant de changer les institutions, changeons les mentalités…

Du déplacement de Nicolas Sarkozy à Epinal le 12 juillet, les médias n'ont principalement retenu que les changements d’institutions. Pourtant, à étudier de près son discours, le Président de la République a déclaré qu’outre les institutions, il fallait surtout changer les mentalités : « Je pense à cette rupture avec les mentalités, les routines et les comportements du passé que rendent si nécessaire les changements d'époque, a-t-il dit. Je pense à cette remise en cause des rentes de situation, des privilèges indus, des conservatismes qui bloquent l'élan de la société vers l'avenir ». Mais il reste malheureusement encore beaucoup de chemin à parcourir avant de faire évoluer, ne serait ce que d’un iota, des mentalités d’un autre âge... Puisse Nicolas Sarkozy faire enfin comprendre aux personnes si promptes à s’ériger pour la défense du service public, que la définition du mot solidarité n’est pas à géométrie variable et qu’elle ne diffère pas selon que l’on est ou non fonctionnaire !

Sarkozy surprend à l’étranger…

Le Wall Street Journal, qui ne fait jamais le moindre cadeau aux Français, titre ce mercredi en page une sur le président de la République : « Sarkozy met la main sur le FMI » et poursuit en page 2 : « Une nouvelle victoire pour Sarkozy » (il s’agit du soutien des Européens à la candidature de Dominique Strauss-Kahn pour le FMI). Avec ce commentaire : « Si cette nomination devenait effective, cela renforcerait la stature du nouveau président comme la personnalité politique qui monte en Europe… » Figure des conservateurs britanniques et de l’aile droite des républicains américains, ancien conseiller spécial de Margaret Thatcher, chercheur au Nixon Center, directeur du magazine « The National Interest » , John O’Sullivan était la semaine dernière l’invité à Paris de l’institut Jean-Jacques Rousseau de Michel Gurfinkiel. A retenir de ses propos : tant aux Etats-Unis qu’en Grande-Bretagne, la droite conservatrice, désespérée par Bush et incertaine à l’égard des Tories de David Cameron, espère bigrement dans l’expérience « Sarkozy ». La France bouge.

La pensée de la semaine : « Si quelqu’un vous dit qu’il n’est d’aucun parti, commencez par être sûr qu’il n’est pas du vôtre… » C’est de Talleyrand.

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