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Pitié, n’oubliez plus M. Gauss !

L’agaçant avec les sondages, c’est de leur faire dire ce qu’ils ne veulent pas dire, de voir bâtir des stratégies et des carrières sur la magie des chiffres. Que valent ces avalanches de pourcentages si l’on oublie leurs limites et la petite cuisine qui accompagne leur fabrication et leur exploitation ? Un sondage juridiquement inattaquable devant la Commission des sondages peut être biaisé de bout en bout : par le moment choisi - « l’agenda » du sondeur et pas celui du sondé -, le vocabulaire employé, l’ordre des questions, l’emploi de questions négatives, le redressement des chiffres bruts et l’oubli des questions annexes qui relativisent le résultat obtenu. Les sondeurs ou les médias oublient aussi trop souvent de présenter deux paramètres majeurs pour interpréter sérieusement un résultat : les non réponses (« ne se prononcent pas ») qui peuvent modifier radicalement une tendance, surtout dans un résultat serré ; et l’inévitable marge d’erreur (la célèbre courbe de Gauss) qui peut tout autant valider qu’inverser un résultat. Grâce à M. Gauss, on sait qu’un 48%-52% sur un panel de 800 sondés doit se comprendre avec une marge d’erreur de 3%. Et que tel qui croyait atteindre le nirvana des 52% peut stagner sous les fatidiques 50%. Ou inversement… Pitié, n’oubliez plus M. Gauss !

Qui sème le vent…

2002, cinq ans déjà ! Entre les deux tours de la présidentielle, des cortèges déferlant dans la rue avec des panneaux : « Le fascisme ne passera pas ! » « Hitler revient ! » et j’en passe. En cause : la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle. Aujourd’hui, la leçon a porté : désignés, voici cinq ans, comme autant de fourriers du fascisme, les maires qui avaient donné leur signature à Le Pen, hésitent ou s’abstiennent ! Et les mêmes qui jetaient des milliers de lycéens dans la rue pour conjurer une menace qui n’existaient que dans leur pauvre imagination, crient à au déni de démocratie parce que Le Pen n’aurait pas ses signatures et qu’il faudrait l’aider à les obtenir… On comprend l’inquiétude des partis « de gouvernement », à commencer par l’UMP: si les 5 millions d’électeurs lepénistes de 2002 se mettent à voter Jeanne d’Arc parce qu’on empêche leur porte-parole d’aller aux urnes, bonjour les dégâts ! Mais il faut aussi se mettre à la place des maires. D’autant que, depuis, 2002, il y a eu la publication obligatoire des parrainages – le vrai déni de démocratie, le voilà ! - sans compter la décentralisation, la généralisation des comités de communes et autres syndicats d’intérêt locaux qui font qu’un maire n’est plus indépendant : le moindre de ses actes est soumis au regard du voisin. Donc à ses rétorsions. « Tu as donné ta signature à le Pen. Eh bien tu repasseras pour la subvention de ta piscine ! » Alors, risquer de devenir le mouton noir de ses pairs pendant encore un an (voire sept, pour les maires qui ont décidé de se représenter en 2008)… Et puis, pour ceux qui auront signé, il n’y aura pas d’instance d’appel. On imagine le maire de droite ayant sauté le pas, dire à son président de Conseil régional (de gauche dans 20 cas sur 22) : « J’ai signé parce que M. Un tel de l’UMP m’a demandé de le faire…»…

Mamère démission !

Le mensonge proféré au nom de la démagogie et du « politiquement correct » est proprement stupéfiant. La semaine dernière, Noël Mamère se rend au siège d’AOL pour y être interviewé par Karl Zéro. Les deux hommes sont filmés en train de discuter avant l’émission : « Je suis d’autant plus en forme que je suis venu de la République en vélo et qu’avec le vent, ce n’était pas simple, explique Mamère. J’ai fait beaucoup d’effort, je suis en forme. » Et ce grand « donneur de leçon » d’ajouter, entre autre : « On me donnerait une voiture que je ne l’accepterai pas… » Problème : une caméra l’a filmé, dix minutes plus tôt, arrivant en… voiture ! La vidéo circule sur Internet (voir ci-desous), mais personne, chez les Verts, n’a réagi. Ah !, comme j’aimerai être électeur à Bègles (où il se représentera tranquillement aux législatives) en juin prochain… Seul inconvénient s’il est battu : il risque de revenir à la télévision (bien silencieuse sur cette affaire)… Aux Etats-Unis, un élu coupable d’un mensonge aussi médiocre aurait du, sous la pression des médias et de son parti, quitter ses fonctions dans la journée ! Pas en France. Pourquoi ?

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