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Oui à l’ouverture

Vous m’étonnez chers internautes. C’est quoi, ces cris d’orfraie ? Comme si la politique n’avait été jusque-là que débats intellectuels stratosphériques, joutes idéologiques entre gens du même monde. Oui il faut « ouvrir » pour manœuvrer. Nos grands hommes d’Etat s’y sont toujours bien entendus. Parce que la politique c’est aussi cela : l’art du contournement, du coup de boutoir et du coup fourré, de la déception et parfois de l’étouffement. Qui perd son âme ? Ceux qui sont à la manoeuvre ou ceux qui se rallient ? Que les réformes annoncées passent et soient appliquées, n’est-ce pas cela qui compte ? Et n’est-ce pas encore plus drôle si elles le sont par des gens repêchés à gauche ? Tiens, voici une maxime qui me semble assez bien adaptée à Lang et consorts : « Les plus habiles courtisans peuvent être de fort grosses dupes, quand ils se fondent trop sur leurs conjectures. » De qui est-elle au juste ?

Non à l’ouverture avec Jack Lang !

C’est confirmé et je ne voulais pas le croire : Nicolas Sarkozy lui-même a proposé à Jack Lang de faire partie de la Commission sur la réforme des institutions. Lang, celui-là même qui déclarait le 10 mai 1981 que la France passait de « l’ombre à la lumière » ! Lang, le plus « mitterrandôlatre », le plus obséquieux, le plus « gauche caviar », le plus « donneur de leçon » et sans doute pas le plus honnête des socialistes (cf. « l’omerta française ») ! Je le dis comme je le pense : si c’est ça le rassemblement des « meilleurs » voulu par Sarkozy, je n’ai pas la même définition que lui du mot « meilleur » ! Qu’en pensent les électeurs de droite ? Et qu’en auraient-ils pensé si Sarkozy leur avait annoncé son intention avant le premier tour ? Auraient-ils voté pour lui ? Voilà, sans doute le moment de réagir. L’ouverture ? Pourquoi pas si cela sert à « piéger » le PS… Mais ne sommes-nous pas, nous-mêmes, en allant trop loin, en train de nous piéger ? Pour dire les choses de manière provocatrice : à quoi sert de gagner une élection si c’est pour perdre son âme ?

« Ca n’a jamais marché » …

Que reste-t-il à dire à la gauche et à ses porte-parole dans les médias ? Hébétée par l’activisme du président de la République, présent sur tous les fronts à la fois, déboussolée par les recrutements qu’il opère dans ses rangs (le dernier étant la mission sur la mondialisation confiée à Hubert Védrine), la gauche espérait trouver dans le discours de politique générale du premier ministre de quoi nourrir ses critiques. Elle n’a pas pu en extraire la moindre virgule qui puisse être en contradiction avec le projet politique présidentiel que les Français ont hâte de voir réalisé. Alors que trouve-t-elle à redire ? Que ce n’est pas faisable, que ce n’est pas financé, que les économies annoncées ne sont pas à la hauteur de l’enjeu…La gauche qui a financé depuis vingt cinq ans le modèle social français à coup d’endettement et de recrutement de fonctionnaires, la voilà devenue soudain vertueuse par la grâce de sa défaite électorale ! N’est-elle pas plutôt en train de nous refaire le coup du « on a tout essayé, ça n’a jamais marché, donc ce n’est pas possible » ? C’est peut-être aussi pour cela qu’elle a perdu, depuis douze ans, trois présidentielles et deux législatives. Et si la droite a été battue en 1997, lors de la dissolution, c’est précisément pour avoir renoncé à ses engagements de la campagne de 1995. Pour le reste, comme dit Audiard (ces temps-ci je l’aime bien), « je ne parle pas aux cons, ça les instruit ».

Un président si présent….

Le chœur presque consensuel - il réunit en effet aussi bien la droite que la gauche – de ceux qui se plaignent de l’omniprésence du président dans tous les secteurs de la vie publique et de son interventionnisme tous azimuths, ne laisse pas d’étonner. Après tout, nul n’ignorait que le tempérament de Nicolas Sarkozy le portait du côté de l’hyperactivité et qu’il aurait l’œil à tout. A cet égard, les électeurs n’ont pas voté en méconnaissance de cause. Que la gauche pousse des cris d’orfraie et évoque avec des trémolos d’horreur le spectre du « présidentialisme », cela est de bonne guerre. Que l’on s’en inquiète à droite, certains se demandant si François Fillon n’a d’autre rôle que d’être l’écho du président, est plus étrange. Pour une fois qu’un véritable changement semble se produire, ne nous plaignons pas d’avoir un président qui ne se contente pas d’inaugurer les chrysanthèmes. Ce concert de plaintes et d’irritations diverses rappelle une fable de La Fontaine sur les grenouilles qui voulaient un roi…

Synonyme ou antonyme ?

Voila qui devrait donner des idées à nos académiciens lors de leurs séances consacrées à la rédaction de la neuvième édition du Dictionnaire de la langue française. Et cela tombe plutôt bien vous en conviendrez : ils n’ont pas encore commencé l’examen des mots commençant pas la lettre O... Après la constitution du gouvernement Fillon 1 et Filon 2, nous avons appris que les mots Traîtrise et Ouverture étaient subitement devenus des synonymes. Le premier est utilisé par la Gauche et le second par la Droite pour qualifier certains membres du gouvernement. Peut-être que les lecteurs éclairés de ce Blog pourront nous fournir une définition plus exacte de ces deux mots ? Espérons également qu’après la constitution du « Groupe de la gauche démocratique et républicaine » (rassemblant les communistes et les Verts à l’Assemblée nationale), l’Académie s’intéressera à l’emploi, dans une même phrase, des mots Communiste, Verts, Démocrate et Républicain… Synonyme ou antonyme ? En tous les cas, pour un de mes professeurs d’histoire géographie, c’était tout vu : il considérait les purges staliniennes comme le summum de la démocratie…

Nous avons échappé à un désastre royal !

Sacré consensus hier matin sur les ondes d’Europe 1 pendant l’émission de Jean-Marc Morandini ! Celui-ci cherchait à connaître le sentiment des auditeurs qui avaient regardé la veille Nicolas Sarkozy face à PPDA et à Claire Chazal. « Il inspire confiance ! », c’est la phrase qui est revenue le plus souvent dans la bouche de tous ceux qui passaient sur les ondes... Auraient-ils dit la même chose si à la place de Nicolas Sarkozy, il y avait eu Ségolène Royal ? Depuis une semaine, nous savons tout de sa relation « vraie » - et de façade le temps des élections - avec son compagnon François Hollande. Nous avons également découvert qu’elle ne croyait pas au programme socialiste, tant sur la généralisation des 35 heures que sur le smic à 1 500 euros, alors qu’elle était la candidate officielle du PS. Malgré cette liste de mensonges mise à jour, Ségolène Royal vient quand même d’annoncer qu’elle serait probablement candidate aux élections présidentielles de 2012. Elle oublie juste que la politique est avant tout une question de confiance, n'est ce pas ?

Qui a peur de quoi ?

« Ceux qui (en politique) n’aiment pas le danger devraient changer de métier ». Avertissement de Nicolas Sarkozy aux parlementaires de l’UMP qu’il avait réunis à l’Elysée aussitôt après le premier conseil des ministres du nouveau gouvernement Fillon. « Moi, je n’ai pas peur », a-t-il conclu après avoir exposé l’ampleur de la tâche à accomplir. Peur de quoi ? Il vient de gagner une double élection, il dispose de la majorité absolue et il a cinq ans devant lui. La droite s’est longtemps inventée toutes sortes de peurs imaginaires pour s’imposer la « prudence » et l’inaction. Certes Juppé a dû renoncer devant la rue sur les régimes spéciaux, comme Mitterrand sur l’école libre ou Villepin sur le CPE. Mais Raffarin a tenu bon pour les retraites des fonctionnaires. La peur n’est jamais bonne conseillère. Sarkozy a bien l’intention de regarder les chefs syndicalistes dans les yeux. Quelle épreuve de force ? Sur quel sujet ? Prenez la seule grève du moment à Paris : elle touche les conducteurs du tramway Delanoé qui ne veulent pas rouler à 18 km/heure au lieu de 16…Et vous croyez vraiment que ce sont eux qui vont bloquer la France contre le service minimum ?

Français, encore un effort !

Diable, diable… je m’aperçois en consultant le blog du journal que je suis le cancre de service, le moins assidu de mes confrères aux rendez-vous avec nos lecteurs ! A titre d’excuse je pourrais invoquer le fait que j’étais dernièrement en reportage en Afrique, dans un pays autrefois prospère et qu’un Ubu roi local a réduit à la famine, tandis que l’inflation dépasse les 3000%, et que la population, manquant de tout, en est réduite à braconner dans la brousse. Le plus étonnant, ou le plus admirable, est l’espèce de stoïcisme souriant avec lequel cette population endure une situation insupportable et qui devrait la pousser à la révolte. Aussi, comment ne pas hausser les épaules en découvrant, au retour, le tableau dramatique brossé par François Hollande ou Marianne, décrivant un pays asservi à un président et un parti prétendument dotés de tous les pouvoirs ? Etrange, cette tendance de la gauche à ne pas admettre l’expression du suffrage universel dès lors qu’il ne lui est pas favorable, et à recourir à la vieille rhétorique de la guerre civile et de la lutte des classes. Ceci pour dire que si la droite a gagné les élections, elle est loin d’avoir gagné la bataille des idées. Qu’elle se soit débarrassée de ses complexes et de ses inhibitions est déjà un immense progrès, à inscrire au crédit de Nicolas Sarkozy, mais il s’en faut encore de beaucoup pour que ses idées et ses valeurs l’emportent dans les mentalités, les discours, et les habitudes mentales. Français, encore un effort !

Guy Môquet et les autres sacrifiés

Comment ne pas être d’accord avec Nicolas Sarkozy ? Il faudrait être une borne pour ne pas être bouleversé à la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet à sa « petite maman chérie », à son « tout petit frère adoré », à son « petit papa aimé. » Fusillé, à 17 ans ! « Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose… » Oui, il est bon de proposer cette lecture aux lycéens. Encore faut-il que les profs acceptent de parler des valeurs « oubliées » depuis des décennies : l’honneur et la patrie, l’amour de la France, le sacrifice suprême. Ce n’est pas gagné. Les réactions de quelques coteries d’enseignants en témoignent. Il faut aussi ne pas tromper les jeunes, ni la France, savoir dire la vérité et la richesse de notre histoire. Guy est mort en otage pas en résistant. Fils de député communiste, militant communiste, il fut arrêté en octobre 1940 parce que le PCF avait été dissous par Daladier en septembre 1939 pour collusion avec l’URSS et l’Allemagne nazie, alors alliées. Dirigé par un déserteur (Maurice Thorez), strictement aligné sur Moscou, le PCF ne considérait pas l’Allemagne comme l’ennemi. Il encourageait même le sabotage de l’armée française. Le jeune Guy obéissait à ses aînés. Raflé par la police française, il était en prison quand le PCF entra enfin en résistance, après l’attaque de l’URSS par l’Allemagne le 22 juin 1941. Des communistes abattirent un officier allemand à Nantes. L’occupant exigea des otages : ce fut le massacre des 27 Français de la prison de Châteaubriant. Guy était le plus jeune. D’autres Français étaient entrés en résistance dès juin 1940 (relire Griotteray). Parmi ces héros de la première heure, Honoré d’Estienne d’Orves, arrêté en janvier 1941, fusillé le 29 août suivant. « N’ayez à cause de moi aucune haine pour personne », laissa-t-il dans son testament. Le 28 août, il confia ses enfants à sa femme Eliane : « Tu leurs expliqueras ce que j’ai fait, à ces petits, pour qu’ils sachent que leur papa n’a eu qu’un but ; la grandeur de la France, et qu’il y a consacré sa vie. » Et que dire d’Henri Fertet, exécuté à Besançon à l’âge de 16 ans, après 87 jours de cellule et de torture, authentique résistant (chevalier de la Légion d’honneur et Compagnon de la Libération) : « Chers parents, ma lettre va vous causer une grande peine…Papa, je t’en supplie, prie. Songe que si je meurs, c’est pour mon bien. Quelle mort sera plus honorable que celle-là ? Je meurs volontairement pour ma patrie. Nous nous retrouverons tous les quatre, bientôt au Ciel… C’est dur quand même de mourir. Mille baisers. Vive la France. » Il faudrait aussi transmettre la lettre d’Henri Fertet au président.

Intérêts déductibles (suite)

François Hollande somme le gouvernement de préciser avant les élections les modalités de la déduction des intérêts d’emprunt pour l’acquisition d’une résidence principale. Hésite-t-il encore avant de voter pour la majorité présidentielle ? Il est assez savoureux de voir le premier secrétaire du parti socialiste intimer à ses adversaires l’ordre de préciser une mesure ponctuelle alors que son propre camp n’est pas capable de dire quel est son programme. Sauf si c’est le programme du parti socialiste, auquel cas il faut le dire ! Les Français ont peut-être oublié qu’il se propose de revenir sur les quelques baisses d’impôt consenties par la législature qui s’achève. Cela dit, il est vrai que la multiplication des déclarations contradictoires sur cette mesure donne le tournis. Sarkozy a été obligé de préciser qu’elle ne s’appliquerait pas à partir du 6 mai, comme l’avaient dit ses ministres, mais concernerait tous les contrats en cours, ce qui est une bonne chose. L’un de ses conseillers, Henri Guaino, a déclaré qu’il y aurait forcément un plafond « car on ne peut pas déduire les intérêts pour l’achat d’un hôtel particulier dans le centre de Paris ou un château en Sologne ». Et pourquoi pas ? A partir de combien de pièces Monsieur Guaino considère-t-il qu’il est indécent de se loger ? Le plus grand défi du nouveau pouvoir, s’il veut vraiment faire la rupture, sera d’échapper aux experts en équité.

Quels contre pouvoirs ?

La gauche demande aux électeurs de lui donner des « contre pouvoirs ». C’est le grand slogan de la campagne législative des socialistes et de leurs alliés: « Ne laissons pas tout à Sarkozy ! » On a même entendu Dominique Strauss-Kahn citer en exemple, à la réunion du Zénith, les manifestations « puissantes » contre le CPE qui ont conduit le gouvernement à renoncer à son projet. Mais où est la démocratie ? Si Sarkozy a été élu le 6 mai avec 19 millions de voix et plus de 2 millions de voix d’avance sur sa concurrente, il l’a été sur un programme ; et pour le mettre en œuvre, il a besoin d’une majorité parlementaire. C’est la logique même de ce qui a été voulu par Jospin et les socialistes, en fusionnant le quinquennat présidentiel et les élections législatives. Une même élection à quatre tours. Pourquoi les électeurs devraient-ils se déjuger d’un tour à l’autre ? Le président élu gouverne avec ceux qu’il nomme ministre et premier ministre et sa majorité parlementaire. Cela forme un tout et c’est la démocratie : la loi de la majorité. Quant aux contre pouvoirs, ils existent bien : les socialistes gouvernent vingt-et-une régions sur vingt-deux, ils gouvernent aussi Paris, Lille, Lyon, Nantes et bien d’autres municipalités. Qu’ils fassent donc la démonstration de leurs compétences dans ces villes et ces régions. La droite ne prétend pas s’opposer à eux dans la rue…

Simplifié

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, la moindre des surprises n’était pas de constater que les électeurs français, qui à 55 % s’étaient prononcés en mai 2005 contre le projet de Constitution européenne, avaient voté deux ans plus tard, à plus de 75 %, pour des candidats qui y étaient favorables, et ne cachaient ni les uns ni les autres, sous des modalités différentes, leur intention de faire rentrer par la fenêtre le texte qui avait été éjecté par la porte. Non que les Français aient changé d’avis sur la question, mais l’enjeu européen, dans cette élection présidentielle, s’était trouvé noyé sous d’autres thèmes plus quotidiens. A peine élu, Nicolas Sarkozy s’est donc attelé à son projet de "traité simplifié", dont il s’est entretenu hier avec Romano Prodi. Il s’agit, nous dit-on, de faire sortir l’Europe du "blocage" – comme si les institutions européennes avaient brutalement cessé de fonctionner au lendemain du "non" français ; comme si, surtout, c’était répondre au rejet que marque l’opinion pour l’esprit actuel de la construction européenne que s’obstiner à aller plus loin dans la même direction. Ce traité simplifié, écrit le Figaro, ne comprendra "que les principales dispositions" (sic) du traité rejeté par les électeurs - donc pas la peine de les redéranger pour si peu : à traité simplifié, il faut un "oui" simplifié, octroyé par un Parlement acquis d’avance. « La simplicité, écrit Henry Adams, est la maîtresse la plus trompeuse qui ait jamais trahi un homme. »

La libération des idées

C’est devant les élus du principal parti de droite au Parlement, dans les jardins de Matignon, que l’on a entendu, ce 22 mai, un premier ministre dire ceci : « La gauche n’a pas seulement perdu une élection, elle a par son refus d’ouvrir les yeux sur le monde, par son conservatisme borné, perdu la bataille idéologique. Elle a perdu la bataille des valeurs. Pour tout dire, elle a perdu son magistère intellectuel et moral… » Si le premier ministre le dit, alors tout le monde peut le dire et l’écrire et plus seulement le penser ! Quelle libération ! Jusque là on en rêvait, cette présidentielle l’a fait. Depuis, il n’est plus « incorrect » d’assumer ses convictions et ses valeurs de droite. On n’est plus obligé de chercher ses mots pour habiller ses idées. Le « politiquement correct » va passer de mode. Vous allez voir comment les commentaires de radio et de télévision vont changer de ton et de contenu. Naturellement, il y a aura de la résistance. Symbolique : les professeurs de l’histoire officielle de l’immigration, la crème de l’« historiquement correct », ont préféré démissionner à l’arrivée du nouveau ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale. Ils ont bien fait. Au moins celui-ci ne sera pas obligé de provoquer une crise pour s’en séparer.

Gros sur la patate

Les ralliés de la onzième heure ont joué et gagné. Quelques-uns sont déjà récompensés : petits maroquins, vagues lettres de mission. Discutable sur le plan moral, mais tactiquement payante, la "trahison" serait donc gagnante-gagnante, concept en vogue. Mais il n'y a pas de traîtres en politique, dit-on, que des perdants. Les fidèles sarkozystes de toujours râlent mais encaissent. Les sarkozysés d'avant le premier tour sont déçus mais font de la place. Tous sous le même toit, la dague dans le dos, bonjour l'ambiance. Ils en ont gros sur la patate, comme certains le disent sur les marchés, quand le coeur déborde un peu et qu'on veut bien les écouter. L'un se dit "très malheureux", l'autre "trop déçu". L'un espère un secrétariat d'Etat, l'autre une mission accessit. Le plus terrible est qu'à l'UMP comme à l'UDF-MoDem, on nous dit : "Quand on trahit une fois... C'est une question de temps."

Piège à Bayrou

Ecouté François Bayrou, dimanche soir, sur Europe 1. Une heure de calvaire. Trois semaines seulement après ses 18,7 % du premier tour, qui en ont fait le (très maladroit) arbitre du second, le président de l’ex UDF est un homme à terre. Il n’a plus de parti (le sigle UDF étant récupéré par les centristes ralliés à l’UMP). Ses troupes ont fondues (les 2/3 de ses députés ont rejoint Sarkozy). Mais le pire est ailleurs : Bayrou n’a plus de « ligne », donc plus d’espace politique. En prônant « l’ouverture » et en constituant un gouvernement rassemblant droite, centre et gauche, Sarkozy lui a coupé l’herbe sous le pied. Contraignant Bayrou à l’applaudir tristement. Après avoir siphonné Le Pen à la présidentielle, le même, récidiviste, s’apprête à torpiller Bayrou aux législatives. Du travail de pro. Reste une interrogation sur les « vrais penchants » de Sarkozy : à « droite toute » ou dérivant vers la gauche ?

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