Civisme et convivialité de temps de grève
Le 23/11/07, par François d’Orcival, Président du Comité éditorial | Société
De mon domicile au journal, mon parcours est celui d’une ligne de bus. J’ai la chance de le faire en voiture. Depuis le 14 novembre, chaque matin je m’arrête devant une station et j’annonce mes destinations : Concorde, Opéra…Chaque jour, j’ai dépanné deux ou trois personnes ravies de gagner le centre de Paris sans attendre plus longtemps un bus improbable ni risquer surtout la foule redoutée du métro. Chaque fois, j’ai vu des personnes de tous âges totalement surprises que l’on s’arrête pour leur rendre service. C’est pourtant si simple. Ces hommes, ces femmes, aussi attentifs que gentils, c’est la France modeste et travailleuse, anxieuse à l’idée d’arriver en retard, de ne pas assurer sa tâche comme d’habitude et tout à coup éclairée par un geste apparemment inattendu. En un quart d’heure, on sait tout de leurs soucis et de leur enthousiasme à bien faire. En vous quittant, chacun ne sait comment vous remercier. Comme si c’était si rare. « On devrait mieux enseigner le civisme », ai-je entendu maintes fois. François Fillon a eu raison de rendre un hommage public et appuyé à cette France-là. Plus que toute autre, elle mérite le respect.











