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Chasse aux sorcières et Préfet rose : une affaire exemplaire et… lamentable !

Personne, ou presque, n’en a parlé. Le 26 septembre, le Préfet d’Indre et Loire, Paul Girod de Langlade, était nommé « préfet hors cadre » - c'est-à-dire viré - en conseil des ministres. Condamné pour « incitation à la haine raciale », celui-ci venait de déclarer dans « La Nouvelle République » : « Il y a trop de gens du voyage sur l’Indre et Loire. On a été trop laxiste pendant trop longtemps (…) il faut arrêter de se voiler la face. Chacun sait que quand ils arrivent quelque part, il y a de la délinquance. » Cela pour la partie émergée de l’affaire. La partie immergée, c’est le nom de son remplaçant (choisi par Alliot-Marie et l’Elysée) : Patrick Subremont. Son CV : ex-directeur de cabinet d’Edith Cresson sous Mitterrand, promu chef de service à l’Intérieur par Chevènement, puis titularisé préfet in extremis par Daniel Vaillant le 18 avril 2002 – soit… trois jours seulement avant le premier tour de la présidentielle ! Bref, tout du préfet rose. Le cursus parfait, en ces temps d’ouverture, pour être promu par un pouvoir de droite…

Que nos évêques lisent donc le catéchisme

Alors que les sénateurs entamaient, lundi, l’examen de la loi sur l’immigration présentée par Brice Hortefeux, la conférence des évêques de France s’est empressée de publier un texte dans lequel on nous dit que « les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers… » La suite est conforme. Pourtant le catéchisme de l’Eglise catholique dit exactement ceci dans son alinéa 2241 : « Les autorités politiques peuvent, en vue du bien commun, subordonner l’exercice du droit d’immigration à diverses conditions juridiques, notamment au respect des devoirs des migrants à l’égard du pays d’adoption ». Le même texte précise également : « L’immigré est tenu de respecter avec reconnaissance le patrimoine matériel et spirituel de son pays d’accueil, d’obéir à ses lois et de contribuer à ses charges. » On a bien lu : les immigrés ont des devoirs avant même d’avoir des droits. La loi ne dit pas autre chose. Pourquoi nos évêques font-ils donc obstinément campagne, avec la Fédération protestante, contre nos lois sur l’immigration ? Ne font-ils pas appel au ministère de l’Intérieur pour libérer leurs églises quand elles sont occupées ? Charité bien ordonnée commence par soi même.

Un catholicisme dévoyé

Franchement, on ne savait pas la France si catholique ! Dans les journaux, à la radio, à la télé, il n’est plus question que de cela : les chrétiens de tous poils, catholiques en tête, s’opposent au durcissement de la législations sur l’immigration, et au premier chef à l’amendement sur les tests ADN, censément opposé aux valeurs du christianisme – si ce n’est pas aux racines chrétiennes de l’Europe, qu’on rappelait plus mollement quand il s’agissait de les inscrire dans la Constitution européenne. C’est la conférence des évêques de France, sous la signature de Mgr de Berranger (Saint-Denis) et Mrg Schockert (Belfort-Montbéliard), qui affirme que « les chrétiens refusent par principe de choisir entre bons et mauvais migrants, entre clandestins et réguliers, entre citoyens pourvus de papiers et d'autres sans papier. » (sans doute ces éminences sont-ils les détenteurs exclusifs d’un Evangile apocryphe où le Christ enseigne : « Fichez-vous des lois, méprisez les nations, n’obéissez pas à César ») ; c’est le Secours catholique qui dénonce « l’acharnement à durcir l'accès de ces hommes, femmes et enfants à notre territoire » et reproche au projet de loi de « créer une inégalité de fait avec les travailleurs français » (comme si le principe même de la citoyenneté n’était pas une inégalité de droits entre ceux qui la possèdent et les autres) ; c’est Etienne Pinte qui, sur une pleine page de Libé, le dénonce au profit du principe évangélique « J’étais un étranger, et tu m’as accueilli. » (comme si les principes évangéliques étaient littéralement transposables à l’échelle d’une société entière). Bref, le catholicisme, médiatiquement méprisé lorsqu’il est un discours sur le Christ et sur la Rédemption, redevient le chouchou des médias dès qu’il se conforme à sa caricature humanitariste et droit-de-l’hommiste. Toutes ces belles âmes seraient mieux inspirées de réviser d’un peu plus près les textes du Magistère romain, qui rappelle constamment le droit des gouvernements à réguler les mouvements migratoires, et le droit des nations à ne pas accepter plus de migrants qu’elles n’en peuvent intégrer. Et Jean-Paul II rappelait que les populations du tiers-monde ont « avant tout le droit à ne pas émigrer » et à vivre dignement dans leur propre pays. Mais ce droit-là, qui s’en soucie ?

Emballement médiatique

C’est agaçant de se faire donner des leçons par les autres. Surtout par ceux qui devraient y regarder de plus près avant de jouer les profs de déontologie. Le quotidien Le Monde excelle dans le genre. Cette fois, c’est à propos du téléfilm « Notable donc coupable » (France 2, les 2 et 3 octobre) sur l’affaire Alègre (le faux scandale autour de Dominique Baudis en 2003). Sous le titre « Retour sur un emballement médiatique », le supplément TV du Monde écrit : « Le journalisme est pourtant tombé bien bas, cet été- là. Il n’y eut pas que France 2, TF1, Canal + avec Karl Zéro, Le Parisien, Libération, France Info, Le Nouvel Observateur, Le Monde aussi, tous les médias tombèrent dans la surenchère…. » Et bien non ! Pas tous, chers amis confrères du Monde. Valeurs et quelques autres ne pratiquent pas la surenchère, le conformisme grégaire. Mais n’est-ce pas pour cela que nous dérangeons parfois, nous aussi ? Et que nos lecteurs nous sont fidèles ?

Billet d’humeur, en espèces.

Entendue en tant que simple témoin à Dijon dans le cadre d’une enquête préliminaire sur un différend commercial, la présidente du Medef, Laurence Parisot à tenu à publier un communiqué dans lequel elle affirme : « Je m’indigne que la presse en soit informée ». C’est bien la première fois qu’on reproche à la presse de savoir quelque chose ! Les journalistes ont plutôt la réputation d’être des ignorants, tout juste bons à faire la claque dans les conférences de presse pour recueillir les informations qu’on veut bien leur distiller. Pourquoi faut-il par exemple qu’ils aient été au courant de l’enquête visant Denis Gauthier-Sauvagnac, le président de l’UIMM, à propos du retrait en liquide de plus de 5 millions d’euros des comptes de son organisation de 2000 à 2007 ? En quoi ce là peut-il intéresser les lecteurs que les œuvres sociales de l’UIMM soient financées en espèces ? Les journalistes feraient bien mieux de se concentrer sur cette autre information, solide, celle-là, selon laquelle la France se classe au dix-neuvième rang des pays les moins corrompus, devant les Etats-Unis selon un classement établi par l’association Transparency international. C’est bien la preuve que tout ne va pas si mal.

Pour une Haute Autorité des choux farcis

Décidément, ce Grenelle de l’environnement s’annonce bien. Pris entre opposants aux OGM, inquiets de possibles effets pervers à retardement sur la santé publique et soucieux de protéger les équilibres naturels, et leurs partisans qui n’y voient que la possibilité d’améliorer les rendements agricoles, les experts de ce sommet écologique ont proposé une solution audacieuse, imaginative et radicale : la création d’une Haute Autorité des OGM disposant « d’une expertise citoyenne » (le même texte stipule que l’indifférence de l’Académie des sciences à ces questions « questionne sa légitimité scientifique », ce qui ne manque pas de "questionner" la maîtrise du français dont ses auteurs font preuve). Créer une Haute Autorité : une solution pratique – ce groupe de travail n’aura donc pas à prendre de position ferme et définitive –, peu couteuse pour ceux qui la préconisent – à défaut de l’être pour les contribuables –, et porteuse d’avenir – pour ceux qui auront la chance d’être nommés à ce nouveau fromage. Et déclinable à l’infini, puisqu’on peut aisément créer une Haute Autorité de n’importe quoi – des choux farcis aux ours slovènes, dont on sait qu’ils ont du mal à apprendre à traverser : je suis certain qu’une Haute Autorité des Ours Slovènes (HAOS) saurait inventer des solutions consensuelles à cet inquiétant problème. La chose n’est pas neuve, hélas, et l’on sait que le général De Gaulle moquait déjà cette propension à créer un "comité Théodule" à chaque fois que l’on veut éviter d’avoir à prendre une décision. Au risque de transférer le pouvoir – l’exemple de la HALDE le montre bien – à des para administrations aussi tatillonnes qu’irresponsables. Est-ce bien cela, la démocratie ?

Le salarié, le syndicat et le juge

Trois cents salariés de Conforama manifestaient le 6 septembre dernier à Cergy Pontoise pour réclamer des heures supplémentaires et des primes. Contre leurs patrons qui les leur refusaient ? Pas du tout, ils manifestaient contre le syndicat Force ouvrière. Celui-ci avait en effet demandé au tribunal de Pontoise d’interdire à ces salariés de travailler le dimanche ! Alors même que le préfet du département l’avait autorisé (en France, le travail du dimanche doit en effet être autorisé par dérogation). Que disaient les salariés ? « Sarkozy dit qu’on peut gagner plus en travaillant plus ; eh bien, nous voulons en profiter. » Force ouvrière n’a pas pour autant renoncé à son action judiciaire – et il a gagné ! Le 14 septembre, le tribunal de Pontoise a interdit à Conforama d’ouvrir ses magasins le dimanche, sous peine d’une astreinte de 50 000 euros… Qu’on ne me dise pas que le tribunal applique la loi à la lettre et qu’il renvoie le législateur à ses responsabilités. Non, il y a là, puisque le préfet avait fait son métier, une volonté manifeste du juge de soutenir le syndicat le plus rétrograde pour empêcher le salarié de gagner plus en travaillant davantage.

Les Arabes sont donc des « sous hommes »

En France, on peut dire que les Arabes sont des « sous hommes » et même avec la bénédiction de la Justice française. Mais à deux conditions. Un : que ces Arabes en question aient servi la France (ce sont les harkis). Deux : s’appeler Georges (Frêche) et pas Jean-Marie (Le Pen). La justice a donc relaxé le satrape socialo-populiste du Languedoc qui avaient désigné les harkis comme des « sous hommes ». Quelle drôle de justice… Mais qui sont ces magistrats ? Je suis sûr qu’ils défilent pour les droits de l’homme et contre le test génétique destiné à détecter les fraudeurs au regroupement familial. Evidemment drapés dans leur bonne conscience. Vous ne croyez pas ?

Immigration : quand les langues se délient… en coulisse !

Voilà ce que déclarait Jean-François Khan hors antenne à l’issue d’une récente émission de télévision :

2 questions : Pourquoi ne l’a-t-il jamais dit publiquement dans les colonnes de son journal ? Maintenant qu’il l’a dit, quelles solutions préconise-t-il ?

Le fonctionnaire modèle.

Cet agent du Trésor qui a créé un professeur d’université fictif à qui elle a versé pendant quinze ans un traitement de 4 000 euros par mois ne mérite sûrement pas d’être félicité. Cependant son action a quelques mérites. Pendant quinze ans il s’est trouvé au moins un professeur heureux, régulièrement augmenté et du coup jamais malade et jamais en grève. Mobile, il a accepté sans sourciller une mutation de Saint–Denis à Marne–La–Vallée. Il ne se plaignait pas des amphithéâtres surchargés, de la vétusté des locaux et de l’insuffisance de moyen. Son enseignement n’aura perverti aucun élève à la différence de Socrate. En dehors de son salaire, il ne coûtait rien à l’Etat et par ses cotisations contribuait à financer les retraites. Et l’on pouvait compter sur lui pour prolonger son activité au-delà de l’âge légal si le besoin s’en était fait sentir. Quant au non renouvellement de son poste maintenant vacant, il ne soulèvera aucune protestation. Peut-être y a-t-il là une piste pour relancer le pouvoir d’achat. Chaque citoyen pourrait avoir son fonctionnaire fictif pour lui payer ses vacances et ses menus plaisir. A l’heure des avatars et autres créations virtuelles, notre agent du Trésor a agi en précurseur.

Bertrand Cantat, bientôt libéré ?

Bertrand Cantat sortira-t-il bientôt de prison ? Coupable du meurtre de l’actrice Marie Trintignant, le chanteur du groupe Noir Désir a été condamné à huit ans de réclusion criminelle le 29 mars 2004 par le tribunal de Vilnius, où s’est déroulé le drame. L’affaire avait ému la France entière : une femme battue (« de petite taille et menue », écrivent les juges lituaniens) qui meurt sous les coups assénés par son compagnon. « Deux allers-retours », a prétendu Cantat, mais « la cour est convaincue que la force des coups était très grande », précise le jugement. Il s’était pourtant trouvé des voix indignes pour s’émouvoir du sort de Bertrand Cantat : le chanteur appartenait à cette petite république d’“intellos” prônant la tolérance, mais stigmatisant tous ceux qui ne partagent pas leurs idées – ce qui crée des solidarités. Sa demande de libération conditionnelle sera examinée le mois prochain. Si le juge d’application des peines lui fait droit, Bertrand Cantat n’aura purgé que la moitié de sa peine, compte tenu de sa détention provisoire. Quatre ans seulement pour un meurtre. Une sanction divisée par deux sous prétexte que le détenu se conduit bien… C’est la coutume. Mais n’est-ce pas aussi le scandale ? A quoi bon prononcer une sanction si la société se résigne à ne pas l’exécuter ? Francis Évrard, le pédophile récidiviste, a été relâché, lui aussi, plusieurs années avant la fin de sa peine. N’est-il pas temps de réserver la libération conditionnelle aux détenus qui la méritent vraiment ?

Pas de vacances pour Margot

Il y a au moins une chose que nous apprend le tragique accident survenu au petit Ivan, ce fils d’immigré clandestin tombé du cinquième étage alors que son père tentait de fuir la police : c’est que Margot ne prend pas de vacances. La bonne vieille tactique consistant à exploiter l’émotion suscitée par un fait divers pour entamer la résolution de nos dirigeants ne connaît pas de trêve estivale. Soutenus comme à l’habitude par les partis de gauche (le parti communiste n’hésitant pas à employer le mot de "rafle"), les organisations de soutien aux clandestins (dont on espère au passage qu’au vu de leurs appels incessants à bafouer la légalité, elles ont subi depuis l’arrivée du nouveau gouvernement une salutaire "rupture" de leurs subventions publiques) n’ont pas manqué de l’exploiter pour sommer le gouvernement d’abandonner sa politique de lutte contre l’immigration clandestine. Brice Hortefeux a assuré de sa fermeté en la matière. On le croirait plus volontiers si les chiffres qu’il cite régulièrement ne témoignaient d’une singulière sous-estimation du phénomène : sait-on par exemple, que sur les 24 000 expulsions de clandestins dont le ministère se flatte pour 2006, pas moins de 16 000 ont concerné des Comoriens expulsés de Mayotte, ce qui ne laisse plus que… 8 000 expulsions effectuées en tout et pour tout sur le reste du territoire français ! Et on serait plus rassuré encore si le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale n’avait publié, dans Libération du 27 juillet, une tribune sur sa conception de l’identité nationale, conception qui a tous les signes extérieurs du courant d’air, comme en témoigne cet extrait : « L’identité se base avant tout sur ce que chacun souhaite apporter à son pays plus que ce dont il peut hériter. » Sur ce même blog, le 17 avril dernier, nous mettions en garde contre la conception sarkozyste de l’identité nationale, qui nous semblait avoir tout de l’auberge espagnole. Avions-nous tort ?

Immigration : le gouvernement ne doit pas reculer !

La très étrange déclaration de Brice Hortefeux expliquant qu’« il y a en France entre 200 000 et 400 000 étrangers clandestins » prépare-t-elle une « reculade » du gouvernement comme sur le service minimum ou le nombre de fonctionnaires non remplacés ? Ces chiffres sont sous-évalués. La preuve ? Il y a deux mois notre ambassadeur en Algérie reconnaissait que le nombre d’Algériens en situation irrégulière s’élève déjà à 350 000. A rajouter aux 250 000 à 450 000 chinois et 75 000 maliens clandestins recensés par le ministère de l’Intérieur il y a un an (période Sarkozy !). Et sans compter tous les autres… Bref, il y a aujourd’hui en France au moins dix fois plus d’immigrés clandestins que ne le dit Hortefeux ! Inquiétant de la part de celui qui est chargé de préparer, pour la rentrée, la loi sur la « maîtrise de l’immigration ». C’est sur celle-ci que l’on jugera si « l’ouverture à gauche » est tactique ou politique. Dans le second cas – que ne pardonneraient pas les électeurs de droite - gare au retour de bâton !

Un évêque catholique

A force d’entendre louer en Mgr Lustiger un homme de "tolérance", de "dialogue" et d’"échanges entre les cultures", on finirait par en oublier l’essentiel : qu’il fut, d’abord et surtout, un évêque catholique. Et attaché, avant tout, à faire partager sa foi, à lui donner les moyens de se faire entendre dans une société hostile ou indifférente. La chose peut sembler banale : Mgr Lustiger a accédé au siège épiscopal à une époque, hélas, où elle ne l’était pas. On a pu être agacé par le caractère, souvent abrupt, du cardinal, en désaccord avec telle ou telle de ses orientations théologiques ou pastorales, déboussolé par des postures politiques parfois hasardeuses, par la part qu’il a prise à une "repentance" bien dans un air du temps qu’il savait pourtant si bien prendre à rebrousse-poil quand il le voulait : nul ne pourrait dénier à l’ancien archevêque de Paris son zèle à faire connaître le Christ à ses contemporains, ni son ardeur à annoncer l’Evangile et à faire se lever une génération de prêtres aptes à le répandre dans le monde. Quand tant de ses confrères se résignaient à la fermeture ou à la destruction des églises dans leur diocèse, lui mettait son point d’honneur à en ouvrir – et s’il le pouvait, c’est qu’il s’était donné les moyens que celles qui existent déjà ne soient pas désertées. « C’était un homme qui ne baissait pas les bras », dit Gérard Leclerc, et Mgr Vingt-Trois note qu’il « a résisté avec persévérance au sentiment diffus selon lequel le christianisme allait mourir ». Si l’on ne devait retenir qu’une chose du cardinal Lustiger, ce pourrait être de nous avoir rappelé que Dieu vomit les tièdes.

Qui a oublié le RER B ?

Douze ans ans ont passé. Mais on ne peut oublier que le 25 juillet 1995 à 17 heures 30, une bombe explosait dans la ligne du RER B à la station Saint Michel, faisant huit mort et plus de cent cinquante blessés. Jacques Chirac avait été élu président de la République deux mois plus tôt. C’était sa première et la plus tragique épreuve. Le terrorisme frappait à nouveau et durement sur notre sol. Depuis, l’alerte et la vigilance n’ont pas cessé. Nos services de renseignement ont permis de déjouer de multiples tentatives d’attentats. Nous leur devons de considérer avec un certain détachement ce qui se passe chaque jour dans les rues de Bagdad ou d’Islamabad. Nous aurions tort de penser que cette guerre-là s’est éloignée de nous. Elle peut nous rattraper à tout moment. Que ferions-nous si les hommes de notre contingent de la Finul au sud Liban étaient victimes à leur tour d’engins explosifs déclenchés à distance ? Le long fil de toutes ces bombes remonte à celles posées dans les bars d’Alger, il y a cinquante ans, par les équipes féminines de Yacef Saadi. Voyez le film de Barbet Schröder sur « l’avocat de la terreur ».

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